Une alliance politique sénégalaise dénonce une pratique jugée antidémocratique et exige une refonte du statut des élus locaux. L’Alliance pour la République (APR) accuse le pouvoir en place de favoriser le « débauchage » d’élus en cours de mandat, une dynamique qu’elle qualifie de rupture du pacte démocratique.
Un phénomène qui ébranle la légitimité des élus
Dans un communiqué rendu public, l’APR fustige une campagne systématique de ralliement d’élus locaux – maires, conseillers municipaux et départementaux – vers le parti présidentiel. Pour le parti, ces transferts politiques ne relèvent pas d’un simple réalignement idéologique, mais d’une altération de la volonté populaire exprimée lors des scrutins. L’APR estime que les électeurs accordent leur confiance non seulement à des individus, mais aussi à un projet politique et à des engagements portés par une formation. Un élu qui change de parti sans consulter ses électeurs, selon l’APR, trahit ainsi le sens même du suffrage universel.
Le Secrétariat exécutif national de l’APR va plus loin en qualifiant cette transhumance de rupture du contrat moral entre élus et citoyens. Pour le parti, cette pratique vide le vote de sa substance, dénature la représentation démocratique et transforme le mandat électif en un bien négociable au gré des intérêts du moment. Lorsque cette dynamique est encouragée par les autorités, elle permettrait, selon l’APR, de fabriquer artificiellement des majorités politiques sans validation populaire.
Vers un encadrement juridique des changements de parti
Face à cette situation, l’APR propose une réforme en profondeur du statut des élus. Le parti exige que tout élu ayant quitté le parti sous la bannière duquel il a été élu, sauf s’il est indépendant, remette immédiatement son mandat en jeu. Cette mesure vise à garantir le respect du vote des citoyens et à empêcher que la liberté de conscience de l’élu ne prime sur le droit des électeurs au respect de leur choix initial.
L’APR suggère notamment qu’un changement volontaire de formation politique en cours de mandat entraîne automatiquement la vacance du siège et l’organisation d’un nouveau scrutin. Cette proposition s’inscrit dans une volonté de renforcer l’éthique républicaine et la sincérité du suffrage, des principes que le parti considère comme indispensables à la pérennité de la démocratie.