Transhumance des maires : APR et Pastef unis contre un fléau politique

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 28 lectures
Transhumance des maires : APR et Pastef unis contre un fléau politique

Deux formations politiques majeures du Sénégal, l’APR et le Pastef, partagent désormais une position commune sur la transhumance des maires, une pratique qui mine la confiance des électeurs et la stabilité institutionnelle. Dans un contexte marqué par une vague de ralliements vers un nouveau parti, les deux camps appellent à une réforme urgente pour encadrer les changements d’allégeance politique des élus locaux.

Une convergence inattendue sur un enjeu démocratique

L’APR, parti au pouvoir jusqu’en 2024, et le Pastef, principale force d’opposition, ont tous deux adopté une ligne dure face à la transhumance des maires. L’APR considère que tout élu local quittant le parti sous les couleurs duquel il a été élu doit, par respect pour ses électeurs, remettre son mandat en jeu. Cette position s’appuie sur l’idée que la liberté de conscience de l’élu ne peut primer sur le droit des citoyens à voir leur vote respecté. Le parti propose ainsi une réforme profonde du statut des élus, visant à instaurer un mécanisme clair pour sanctionner ces changements d’allégeance, qualifiés de « profondément antidémocratiques ».

Le Pastef, de son côté, se félicite de cette convergence et appelle à l’adoption d’une proposition de loi visant à déchoir tout maire quittant son parti. Le député Amadou Ba, figure du mouvement, souligne que la Constitution sénégalaise interdit déjà la transhumance des députés, une logique qu’il souhaite étendre aux élus locaux. Il cite en exemple le Bénin, où un maire perdant la confiance de son parti peut être soumis à un vote de défiance entraînant son retrait.

Un phénomène qui pousse à l’unité des forces politiques

Cette alliance inédite entre l’APR et le Pastef s’explique par l’ampleur des ralliements récents vers le parti Kiiraay, créé par d’anciens responsables de l’APR. Ces mouvements massifs ont révélé les limites du système actuel et accéléré la prise de conscience des risques que fait peser la transhumance sur la démocratie locale. En effet, les changements d’allégeance fréquents des élus locaux, motivés par des calculs politiques ou opportunistes, sapent la légitimité des institutions et brouillent la lisibilité des engagements pris devant les électeurs.

La proposition d’étendre aux maires l’interdiction constitutionnelle déjà en vigueur pour les députés s’inscrit dans une volonté de renforcer l’intégrité du processus électoral. En exigeant que tout changement d’appartenance politique entraîne un nouveau scrutin, les deux partis cherchent à rétablir la confiance dans les institutions locales et à garantir que le suffrage universel soit respecté. Cette réforme, si elle aboutit, pourrait marquer un tournant dans la gestion des mandats électifs au Sénégal.

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