Un drame évitable a endeuillé la sous-préfecture de Doba rural, dans le sud du Tchad, où une collision entre deux motos a coûté la vie à un homme de 55 ans et laissé un autre dans un état critique. L’accident, survenu en soirée, rappelle les risques quotidiens encourus par les usagers des routes africaines, souvent négligés par les autorités.
Un bilan humain lourd et des questions sur la prévention
Dans la soirée du 27 juillet, deux motos se sont percutées à l’entrée de Maïnbombaye, un village situé dans une zone rurale où les infrastructures routières restent précaires. Le bilan est lourd : Sanodji Bertin, 55 ans, a succombé sur le coup, tandis qu’un second passager, dont l’identité n’a pas été révélée, a été grièvement blessé. Selon les autorités locales, l’accident serait dû à une perte de contrôle d’un des conducteurs, un scénario malheureusement fréquent dans un pays où les routes sont souvent mal entretenues et où le port du casque n’est pas systématiquement respecté.
Les zones rurales du Tchad, comme le Logone oriental, sont particulièrement exposées aux accidents de la route en raison de l’absence de signalisation adaptée, de l’état dégradé des chaussées et d’un manque criant de sensibilisation aux règles de sécurité. Les motos, moyen de transport dominant dans ces régions, représentent à la fois une solution économique et un danger accru en l’absence de mesures préventives.
Urgence d’une politique publique de sécurité routière
Cet accident intervient dans un contexte où le Tchad, comme de nombreux pays africains, peine à endiguer la hausse des accidents de la route. Les statistiques officielles, bien que souvent sous-estimées, placent le pays parmi les plus touchés par ce fléau, avec des milliers de morts et de blessés chaque année. Les causes sont multiples : excès de vitesse, conduite sous l’emprise de l’alcool, absence de contrôles routiers efficaces, et surtout, un manque de volonté politique pour investir dans des infrastructures sûres et des campagnes de sensibilisation ciblées.
Les autorités locales, comme le secrétaire du canton de Maïnbombaye, appellent à une prise de conscience collective. Pourtant, sans une coordination renforcée entre les différents niveaux de l’État et une allocation budgétaire dédiée à la sécurité routière, les drames comme celui de Maïnbombaye risquent de se répéter. La société civile et les organisations internationales, souvent en première ligne pour alerter sur ces enjeux, plaident pour des solutions durables, allant de la formation des conducteurs à l’amélioration des routes.
En attendant, les familles des victimes, comme celle de Sanodji Bertin, devront faire face à l’absence d’un proche, dans une région où les systèmes de protection sociale restent fragiles. Ce drame rappelle une fois de plus que la sécurité routière n’est pas une option, mais une priorité absolue pour préserver des vies et garantir un développement humain durable.