Le 15 et 16 septembre, 37 jeunes mineurs illégaux sont morts dans une cellule du Nigeria Security and Civil Defence Corps (NSCDC) au Niger, déclenchant une suspension de responsables, la création d’une commission d’enquête présidentielle et un appel à la justice pour leurs familles.
Des conditions mortelles dans une cellule sans ventilation
Les autorités ont arrêté 65 mineurs sur deux sites d’extraction clandestine dans la zone de Wushishi‑Lukot. Après leur arrestation, les détenus ont été confinés pendant 48 heures dans une petite pièce dépourvue de ventilation. Selon les survivants, une substance toxique aurait été libérée, provoquant une suffocation rapide : les victimes auraient perdu connaissance, présenté des écoulements nasaux et de la mousse à la bouche avant de s’effondrer.
Le NSCDC a d’abord invoqué une « maladie inconnue » comme cause du décès, sans fournir de rapport médical. Face aux protestations de la population et aux pressions des jeunes manifestants, l’institution a dû réviser ses explications.
Réaction du gouvernement et mise en place d’une commission d’enquête
Le président Bola Tinubu a immédiatement suspendu Suberu Aniviye, commandant du NSCDC dans l’État du Niger, et a ordonné l’arrestation de 24 fonctionnaires de l’agence à Abuja. Une commission d’enquête de dix membres a été constituée pour examiner les conditions de la cellule, les soins médicaux dispensés et les circonstances ayant conduit aux décès.
Le mandat de la commission inclut l’identification des responsables de négligence ou d’abus, ainsi que la recommandation de poursuites judiciaires contre les agents du NSCDC impliqués. Le président a souligné que les suspensions administratives ne remplacent pas une enquête complète et impartiale.
Les survivants témoignent des conditions d’enfermement
Dauda Shehu, l’un des survivants, a décrit une atmosphère étouffante où les détenus ne pouvaient plus respirer. Il raconte que les prisonniers ont frappé les portes et crié à l’aide, mais que leurs appels sont restés sans réponse. Les témoignages corroborent les observations de médias indiquant que les corps des victimes présentaient des signes de suffocation.
Les victimes, selon le gouverneur Abubakar Bago, étaient des adolescents âgés de 14 à 18 ans, issus d’une population où près de 20 millions d’enfants ne sont pas scolarisés, le plus haut taux au monde. Le manque d’accès à l’éducation et la pauvreté ont poussé ces jeunes vers l’exploitation minière illégale.
Enjeux du secteur minier et appel à la responsabilité
Le drame met en lumière les failles du secteur minier informel nigérian. Malgré un potentiel de revenus comparable à celui de l’Australie, qui a généré 385 milliards de dollars en 2024‑2025, le Nigeria n’a pas encore structuré ce sous‑secteur. Le ministre des Minéraux solides, Dele Alake, est pressé de formaliser l’exploitation afin de créer des emplois et d’accroître les recettes publiques.
Les autorités sont également appelées à identifier les propriétaires des deux sites miniers, à les poursuivre et à indemniser les familles des victimes. Sans une action décisive, les réseaux de mines clandestines risquent de se renforcer, entraînant d’autres tragédies similaires.