Tragédie à Minna : 37 détenus meurent dans une cellule du NSCDC après une pulvérisation chimique, les survivants témoignent

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 19 lectures
Tragédie à Minna : 37 détenus meurent dans une cellule du NSCDC après une pulvérisation chimique, les survivants témoignent

Le 17 septembre 2023, trente‑sept personnes arrêtées pour activité minière illégale sont mortes dans une cellule du Nigeria Security and Civil Defence Corps (NSCDC) à Minna, Niger State. Les survivants décrivent une détresse extrême liée à une pulvérisation chimique, à la surpopulation et à l’absence d’eau ou d’air frais, tandis que le gouvernement fédéral a lancé une enquête indépendante.

Arrestation et conditions de détention

Des jeunes, dont le 19‑ans Adamu Isah, ont été appréhendés dans la zone de M.I. Wushishi/Lukoto alors qu’ils se rendaient sur des sites miniers. Ils ont été conduits dans un centre de détention situé près du secrétariat du PDP, dans le quartier de l’hôpital Bloodson. Au départ, une vingtaine de personnes étaient incarcérées ; après la libération sous caution de certains, une quinzaine sont restées enfermées. Les détenus ont ensuite été séparés en cellules masculines et féminines, toutes deux décrites comme petites, mal ventilées et surpeuplées.

Témoignages des survivants et déroulement de la mort

Le troisième jour, les gardiens ont pulvérisé une substance chimique à l’entrée de la cellule masculine, décrite comme « parfumée » mais humide. Rapidement, un détenu a commencé à convulser, à baver et à perdre connaissance, suivi d’une vague de réactions violentes : des hommes ont mordu leurs compagnons, se sont cognés la tête contre les murs et ont crié à l’aide. Des survivants, dont un adolescent de 15 ans, ont entendu les hommes hurler qu’ils mourraient de soif. Au matin suivant, les officiers ont annoncé la mort de tous les hommes, et les femmes ont découvert des corps empilés les uns sur les autres. Aucun corps féminin n’a été retrouvé, bien que plusieurs femmes se soient évanouies après avoir inhalé le même produit, que les gardiens ont qualifié de répulsif anti‑moustiques. Les survivants ont présenté des marques de morsure, des problèmes respiratoires persistants et des séquelles physiques.

Réactions officielles et enquêtes en cours

Face à l’indignation, le gouvernement nigérian a suspendu vingt officiers du NSCDC, dont le commandant d’État, et a nommé un nouveau commandant. Le président Bola Tinubu a mandaté une commission indépendante de dix membres, dirigée par le ministre de l’Intérieur Olubunmi Tunji‑Ojo, pour identifier les victimes, établir les circonstances de la mort et proposer des compensations. La commission dispose de deux semaines pour mener ses investigations, incluant des visites de site, des entretiens avec les survivants et des analyses médico‑légales. Le barreau nigérian de Minna a également créé un comité de treize membres. La Commission nationale des droits humains et la Civil Society Legislative Advocacy Centre ont appelé à une transparence totale et à des autopsies exhaustives. Pendant ce temps, certains mineurs ont repris le travail, soulignant le manque d’alternatives économiques et la persistance de la pauvreté qui pousse les jeunes à l’exploitation artisanale, malgré les risques juridiques et sanitaires.

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