L'Agence nationale de lutte contre la drogue (NDLEA) du Nigeria a formellement inculpé Afolabi Kazeem Michael, plus connu sous le nom de KC Luxury, ainsi que deux autres coaccusés, Boniface Freeman Ochoche Sule et Ikechukwu Ekugo Patriarch. Ce procès, qui se tient devant la Haute Cour fédérale de Lagos, porte sur une tentative présumée d'exportation de 184,5 kilogrammes de cocaïne vers le Royaume-Uni, une affaire qui met également en lumière des mécanismes complexes de blanchiment d'argent.
Un réseau logistique démantelé
Les faits reprochés aux trois hommes se sont déroulés entre fin juillet et début août 2026. Selon l'accusation, les prévenus auraient orchestré l'expédition de la drogue en cinq cargaisons distinctes via une société de logistique basée à Lagos, en utilisant une identité d'emprunt. L'enquête de la NDLEA suggère une coordination internationale, impliquant des complices déjà arrêtés à Londres. Le paiement des frais d'expédition, s'élevant à 13,2 millions de nairas, aurait été effectué via des comptes bancaires d'entreprises liées aux suspects.
Des accusations de blanchiment d'envergure
Au-delà du trafic de stupéfiants, le dossier comporte 16 chefs d'accusation spécifiques pour blanchiment d'argent. Afolabi Kazeem Michael est accusé d'avoir fait transiter plusieurs milliards de nairas par le biais de diverses structures corporatives et comptes personnels, tels que Mallamawa Ventures ou La Capital Enterprises. Ces fonds auraient servi à acquérir des biens immobiliers et des véhicules de luxe afin de dissimuler l'origine illicite des revenus. L'agence reproche également au principal suspect un défaut de déclaration de patrimoine, une obligation légale stricte dans le cadre de ces procédures.
Procédure judiciaire et détention
Lors de leur comparution devant le juge Musa Kakaki, les trois hommes ont plaidé non coupables. L'arrestation d'Afolabi Kazeem Michael était intervenue le 13 août dernier à l'aéroport international Murtala Muhammed de Lagos, alors qu'il s'apprêtait à quitter le territoire nigérian pour Paris. Suite à la saisie de la cargaison, estimée à une valeur marchande de 39 milliards de nairas, et à la perquisition de son domicile dans le quartier de Banana Island, les autorités ont saisi des devises étrangères, des bijoux et des véhicules.
Le ministère public s'est fermement opposé à toute remise en liberté sous caution, soulignant la gravité des infractions. Le juge a ordonné le maintien en détention des prévenus dans les installations de la NDLEA, en attendant une décision sur leur demande de mise en liberté prévue pour le 4 octobre 2026.