Un rapport du Réseau Action Climat révèle que le tourisme représente 11 % des émissions de gaz à effet de serre de la France alors qu’il ne contribue qu’à 3,8 % du PIB. Cette disproportion est portée surtout par les visiteurs extra‑européens, qui ne représentent que 2 % des arrivées mais pèsent 20 % des émissions, alors que les touristes français et européens génèrent la quasi‑totalité des recettes du secteur.
Émissions et contribution économique du tourisme
Selon l’étude, les touristes français ont dépensé 135 milliards d’euros en 2025, suivis des visiteurs européens avec 54 milliards, tandis que les extra‑européens n’ont généré que 24 milliards. Après déduction des 57,5 milliards d’euros de dépenses des résidents à l’étranger, le solde net du tourisme international s’élève à 20 milliards d’euros, dont 90 % proviennent des Européens et seulement 10 % du reste du monde. En revanche, le secteur aérien, qui assure la majorité des déplacements long‑courriers, est responsable de 41 % des émissions du tourisme.
Montée en gamme et recul du tourisme domestique
Depuis 2019, la France a réduit de 15 % le nombre de chambres d’hôtels 1‑2 étoiles, tandis que les établissements 4‑5 étoiles ont progressé de 22 %. Cette évolution, liée à la volonté d’attirer une clientèle premium lointaine, a coïncidé avec une baisse de 13 % des nuitées réservées par les Français depuis 2019. Le nombre de nuitées françaises a chuté de 3 % en 2024 et de 5 % en 2025, signe d’une tendance structurelle qui menace la fréquentation intérieure, notamment dans les départements les plus touristiques.
Débats entre experts et gouvernement
Le Réseau Action Climat préconise de recentrer les politiques sur le tourisme domestique et européen : renforcement du droit aux congés, promotion ciblée vers les pays voisins, développement du rail transfrontalier et limitation de l’expansion aéroportuaire, notamment l’arrêt du projet d’extension de Roissy‑Charles‑de‑Gaulle. Le gouvernement, de son côté, met en avant des recettes de 77,5 milliards d’euros en 2025 et un objectif de 100 milliards d’ici 2030, soulignant une hausse de 7 % du panier moyen des visiteurs internationaux (760 €). En Île‑de‑France, les touristes étrangers ont dépensé 4,8 milliards d’euros (+5 %) contre 2,2 milliards pour les visiteurs nationaux (+9 %). Le ministre du tourisme rappelle que les visiteurs étrangers ne se limitent pas aux grandes métropoles, mais contribuent également au patrimoine et à la randonnée.