Face aux défis structurels et sécuritaires, les acteurs du tourisme de la région de Bankui-Sourou, dans la Boucle du Mouhoun, appellent à une refonte des mécanismes de financement. Pour Lansané Dao, président de la Fédération régionale des acteurs du tourisme (FRAT-B), la viabilité du secteur repose désormais sur une confiance accrue envers les entrepreneurs locaux et une simplification des conditions d'accès aux ressources financières.
Structurer une offre touristique régionale
La FRAT-B, créée en août dernier, ambitionne de fédérer les acteurs de six provinces — les Balé, les Banwa, le Mouhoun, la Koosin, le Sourou et le Nayala — pour bâtir une destination intégrée à l'horizon 2030. Cette organisation professionnelle travaille à la cartographie des sites et des services, incluant un répertoire numérique des hôtels et restaurants. L'objectif est de transformer le potentiel local, riche en patrimoines historiques comme les ponts de Boromo ou les sites naturels tels que la forêt des Grands Balé, en une offre compétitive et lisible pour les visiteurs.
Le levier du tourisme endogène
Malgré un contexte sécuritaire complexe, les professionnels du secteur observent une dynamique encourageante portée par le tourisme interne. Lansané Dao souligne que les Burkinabè s'approprient davantage leur patrimoine, compensant ainsi la baisse de fréquentation internationale. Cette résilience est perçue comme un signal fort : le développement de l'industrie touristique nationale ne dépend plus exclusivement de l'extérieur, mais d'une volonté politique de valoriser les ressources locales, des masques traditionnels aux savoir-faire agricoles de la région.
Les obstacles au développement des infrastructures
Le développement du secteur se heurte toutefois à des freins majeurs : l'accès au crédit, le besoin de formation professionnelle et la nécessité de moderniser les voies d'accès aux sites. La fédération insiste sur le fait que les normes de qualité et d'accueil, souvent exigées par les autorités, ne peuvent être atteintes sans un accompagnement financier adapté. Les acteurs réclament des mesures de détaxation et des lignes de crédit spécifiques, arguant que la confiance accordée aux porteurs de projets viables est le moteur indispensable pour transformer le potentiel touristique en un véritable levier de croissance économique et sociale.