Les raffineries européennes de TotalEnergies connaissent une période de rentabilité exceptionnelle en 2026, portées par une demande mondiale accrue en diesel et en carburant pour l'aviation. Cette dynamique, favorisée par les instabilités géopolitiques au Moyen-Orient, pousse le géant pétrolier à ajuster sa stratégie opérationnelle pour répondre aux besoins du marché.
Une production poussée à son maximum
Le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a récemment souligné la performance des actifs européens du groupe, autrefois perçus comme un maillon faible. Ces installations tournent désormais à pleine capacité, transformant ces unités en véritables leviers de profit pour l'entreprise. Cette stratégie d'optimisation vise spécifiquement à combler le déficit mondial de produits raffinés, notamment le kérosène et le diesel, dont les tensions d'approvisionnement restent vives.
Le report des maintenances stratégiques
Pour maintenir ce rythme de production soutenu, la direction du raffinage et de la chimie a pris la décision de décaler des opérations de maintenance initialement prévues. L'exemple le plus notable est celui de la raffinerie de Normandie, la plus importante unité du groupe en France. Son arrêt technique, programmé pour les prochains jours, a été repoussé à l'année prochaine. Ce choix permet de prolonger l'activité de l'installation de trois mois supplémentaires en 2026, garantissant ainsi un volume d'approvisionnement crucial pour le marché européen.
Entre plafonnement des prix et incertitudes géopolitiques
Malgré ces profits records, le groupe maintient un plafonnement des prix à la pompe en France, fixant le litre de gazole à 2,25 euros et celui d'essence SP95-10 à 1,99 euro, alors que les prix moyens du marché sont supérieurs. Cette politique intervient dans un contexte où le gouvernement français tente de rassurer sur la sécurité des approvisionnements énergétiques pour la fin de l'année. Toutefois, les autorités n'excluent pas des difficultés potentielles au début de l'année 2027 si les tensions dans les détroits stratégiques d'Ormuz et de Bab el-Mandeb venaient à s'intensifier, menaçant la fluidité du commerce pétrolier mondial.