TotalEnergies maintiendra ses prix à la pompe plafonnés tant que le conflit au Moyen-Orient se poursuivra, a confirmé Patrick Pouyanné, PDG du groupe, sur France Inter samedi 29 août. Cette décision, mise en place dès mars dernier puis relancée en juillet, coûte entre 250 et 300 millions d'euros à l'entreprise — alors même que ses profits ont doublé au deuxième trimestre, à 5,4 milliards de dollars.
Des prix gelés à la pompe malgré la flambée des cours
Dans toutes les stations-service TotalEnergies de France hexagonale, le litre d'essence est fixé à 1,99 euro et le gazole à 2,25 euros. Une mesure directement liée au début de la guerre au Moyen-Orient, qui a provoqué des tensions sur les marchés pétroliers. « Tant que le conflit durera, nous continuerons à assurer cette protection », a déclaré Patrick Pouyanné, rappelant que le groupe reste le seul pétrolier mondial à avoir adopté un tel dispositif.
Une opération « coût » mais « ganancias » en image
Le dirigeant assume le coût de l'opération, qu'il évalue à « 250, 300 millions d'euros », tout en reconnaissant ne pas disposer d'un chiffre précis. Si cette politique a naturellement attiré davantage de clients dans ses stations, Patrick Pouyanné tempère son impact commercial : « Ça a fait gagner un tout petit peu de part de marché », admet-il, « mais ça a surtout fait gagner de la sympathie des Français pour une entreprise » qui emploie 35 000 personnes en France. « Mes collègues pétroliers me regardent d'un drôle d'œil », s'est-il encore vanté.
Des résultats financiers qui posent question
Cette communication intervient alors que TotalEnergies a publié des résultats trimestriels exceptionnels : son bénéfice net a doublé au deuxième trimestre, atteignant 5,4 milliards de dollars. De quoi alimenter le débat sur l'équilibre entre la politique sociale assumée par le groupe et sa rentabilité record. Le plafonnement représente moins de 6 % des profits générés sur la même période, un ratio que les critiques opposeront à l'argument de la « sympathie » avancée par le PDG.