Le groupe pétrolier TotalEnergies fait face à un mouvement social d'envergure nationale prévu pour le 8 octobre prochain. À l'appel de la CGT, les salariés des raffineries, des stations-service et de plusieurs filiales sont invités à débrayer pour exiger une revalorisation salariale et une amélioration de leurs conditions de travail, dans un contexte de tensions logistiques mondiales.
Revendications salariales et disparités internes
Le syndicat dénonce un décalage croissant entre le pouvoir d'achat des travailleurs et la politique financière du groupe. Alors que l'inflation pèse sur les ménages, la CGT pointe du doigt une augmentation de 5,9 % des dividendes versés aux actionnaires pour l'année 2026. Si le groupe a annoncé une augmentation de capital réservée aux salariés, le syndicat souligne que de nombreux employés des filiales, notamment chez Argedis, dépendent d'aides publiques comme la prime d'activité pour compenser des rémunérations jugées insuffisantes face au coût de la vie.
Risques sur la logistique et la distribution
L'impact concret de cette mobilisation dépendra de l'adhésion des effectifs sur le terrain. Le coordinateur CGT, Éric Sellini, a précisé que le mouvement pourrait entraîner des arrêts d'expédition de carburants depuis les raffineries ainsi que des fermetures temporaires de stations-service. Ces perturbations potentielles surviennent alors que le réseau de distribution est déjà sous pression, marqué par une forte demande des automobilistes cherchant à anticiper la volatilité des prix à la pompe, exacerbée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
Conditions de travail et sécurité industrielle
Au-delà des salaires, le syndicat alerte sur une dégradation des conditions d'exercice du métier. La CGT pointe une gestion des effectifs « sous tension », caractérisée par un recours accru aux contrats précaires, tels que l'intérim et les CDD. Ces pratiques, couplées à des épisodes climatiques extrêmes comme les récentes canicules, poseraient des risques accrus pour la sécurité sur les sites industriels. Le mouvement s'étend également à la filiale Hutchinson, spécialisée dans les composants industriels, témoignant d'un mécontentement qui dépasse le seul secteur de la distribution de carburants.