TotalEnergies et Shell enregistrent des bénéfices records portés par la flambée des cours mondiaux

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 5 lectures
TotalEnergies et Shell enregistrent des bénéfices records portés par la flambée des cours mondiaux

Les géants pétroliers TotalEnergies et Shell ont dévoilé des résultats financiers exceptionnels pour le troisième trimestre 2026, marqués par une progression spectaculaire de leurs bénéfices nets. Cette performance, portée par l'envolée des cours des hydrocarbures et des marges de raffinage historiques, ravive le débat politique sur la taxation des superprofits alors que les consommateurs font face à une inflation marquée des prix à la pompe.

Une rentabilité portée par le raffinage et le gaz

TotalEnergies a enregistré un bénéfice net de 8,3 milliards de dollars, soit une hausse de 125 % par rapport au troisième trimestre 2025. Cette dynamique repose en grande partie sur l'activité Raffinage-Chimie, dont le résultat a atteint 3,5 milliards de dollars, contre 687 millions un an plus tôt. Le groupe bénéficie également de la forte demande en gaz naturel liquéfié (GNL), dont le résultat opérationnel net ajusté a plus que doublé sur un an, soutenu par une surperformance des activités de négoce.

L'impact des tensions géopolitiques sur les marges

La volatilité des marchés, exacerbée par les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, a directement influencé ces résultats. Les tensions sur les infrastructures énergétiques ont provoqué une envolée des prix du diesel et du gaz, dont le cours européen a dépassé les 100 euros le mégawattheure. Si TotalEnergies a mis en place un plafonnement des prix à 2,25 euros le litre dans ses stations-services, les marges de raffinage, qui mesurent l'écart entre le coût du brut et le prix des produits raffinés, ont atteint des niveaux records, favorisant mécaniquement les marges des majors pétrolières.

La stratégie financière de Shell

De son côté, Shell affiche un bénéfice net de 12,1 milliards de dollars, marquant une progression de 126,6 % sur un an. Le groupe britannique a vu son chiffre d'affaires bondir à 92,85 milliards de dollars, contre 68,15 milliards à la même période en 2025. Cette solidité financière permet à l'entreprise de poursuivre une politique de retour aux actionnaires ambitieuse, avec l'annonce d'un nouveau programme de rachat d'actions de 5 milliards de dollars, venant s'ajouter à un précédent programme de 4,2 milliards.

Un débat relancé sur les superprofits

La publication de ces chiffres intervient dans un contexte social tendu, où le coût de l'énergie pèse lourdement sur le pouvoir d'achat des ménages. Ces bénéfices records, qualifiés de « superprofits » par plusieurs acteurs politiques et associatifs, remettent au centre des discussions la question d'une taxation exceptionnelle du secteur. Si les entreprises justifient ces résultats par leur modèle intégré et leur capacité d'adaptation aux perturbations du système énergétique mondial, la pression pour une redistribution de ces gains exceptionnels reste un point de vigilance majeur pour les mois à venir.

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