La star nigériane de l'Afrobeats, Tiwa Savage, a récemment réfuté les critiques lui reprochant de ne pas collaborer suffisamment avec ses consœurs. L'artiste souligne que le problème réside moins dans la création musicale que dans le manque de visibilité et de soutien promotionnel accordé aux duos féminins par l'industrie.
Un catalogue de collaborations sous-exposé
Face aux accusations récurrentes, Tiwa Savage affirme avoir multiplié les collaborations avec des figures majeures de la scène féminine, citant notamment Waje, Simi, Efya, Becca et Ayra Starr. Selon elle, la perception d'un manque de soutien est alimentée par une disparité flagrante dans la promotion : alors que ses titres avec des artistes masculins bénéficient d'une mise en avant massive, les morceaux enregistrés avec des femmes peinent à obtenir le même écho médiatique et commercial. Elle interroge ainsi la responsabilité des « gardiens » de l'industrie, incluant labels et plateformes de diffusion, dans l'échec relatif de ces titres.
La lutte contre la mise en concurrence des artistes
Au-delà de la question des collaborations, Tiwa Savage s'oppose fermement à la tendance de l'industrie à dresser les femmes les unes contre les autres. Pour contrer les narratifs de rivalité, la chanteuse a multiplié les gestes symboliques, comme l'invitation de Yemi Alade sur scène lors de son propre concert pour désamorcer les comparaisons systématiques. Elle décrit ces initiatives comme une volonté délibérée de favoriser une dynamique de solidarité plutôt que de compétition, dans un secteur où les femmes peinent encore à maintenir une visibilité durable.
Un défi structurel pour les femmes dans l'Afrobeats
Les déclarations de l'artiste remettent en lumière les obstacles persistants rencontrés par les femmes dans l'Afrobeats, un genre qu'elle qualifiait en 2020 de « bataille solitaire » lors de son ascension. Pour Tiwa Savage, le débat actuel illustre une impasse : malgré ses efforts documentés pour soutenir ses pairs, elle estime être victime d'un procès d'intention permanent. Cette situation soulève une question centrale pour l'écosystème musical africain : la responsabilité de la réussite d'une collaboration incombe-t-elle uniquement à l'artiste, ou dépend-elle d'un engagement collectif des promoteurs, des médias et des structures de distribution ?