Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) s'apprête à entériner la nomination de Tiriane Balbine Noah à sa présidence lors de la convention du 17 octobre à Yaoundé. Cette transition, qui marque le départ de Maurice Kamto, intervient dans un climat de contestation interne sur la transparence du processus électoral.
Une ascension inédite au sein de l'opposition
Tiriane Balbine Noah, figure familière de l'appareil du MRC, s'apprête à devenir la première femme à diriger cette formation politique majeure. Occupant le poste de deuxième vice-présidente depuis 2018, elle assure l'intérim depuis la démission de Maurice Kamto le 8 septembre dernier. Sa candidature, désormais unique, bénéficie du soutien de cadres historiques du parti, dont Me Emmanuel Simh, pressenti pour occuper la première vice-présidence, ainsi que de l'ancien premier vice-président Mamadou Mota.
Le retrait des challengers et les accusations d'irrégularités
La voie vers la présidence s'est ouverte après le désistement successif de ses deux rivaux. Si Brice Djolako a choisi de se retirer en faveur de Mme Noah, Pierre Emmanuel Binyam a quitté la course le 14 octobre en dénonçant publiquement des failles organisationnelles majeures. Il a notamment pointé du doigt la présence de délégués décédés sur les listes électorales, des inscriptions en double et l'indisponibilité du fichier électoral pour la région du Sud-Ouest. Malgré ces griefs, le camp de Binyam a précisé qu'il ne contesterait pas les résultats du scrutin, invoquant la nécessité de préserver l'unité du parti en vue de l'échéance électorale de 2027.
Les défis de la nouvelle direction
L'absence de débat de fond lors de ce processus de succession soulève des interrogations sur la cohésion interne du MRC. Tiriane Noah hérite d'un parti influent mais fragilisé par ces accusations d'irrégularités, qui jettent une ombre sur la légitimité du scrutin. La nouvelle présidente devra rapidement démontrer sa capacité à rassembler les militants au-delà des cercles proches de l'ancien leader. La convention de Yaoundé sera le premier test grandeur nature pour cette nouvelle direction, qui doit désormais définir une stratégie claire pour maintenir le poids politique du MRC dans le paysage camerounais sans la figure tutélaire de Maurice Kamto.