Le président de la FERMA, Dr Musa Babayo, a salué la progression de 4,43 % du produit intérieur brut au deuxième trimestre 2026 comme le premier signe tangible des réformes économiques engagées par le président Bola Tinubu. Il a toutefois mis en garde contre l’euphorie, rappelant que la vraie mesure du succès réside dans la capacité de cette croissance à devenir inclusive, durable et à améliorer le quotidien des Nigérians.
Une hausse du PIB qui dépasse le secteur pétrolier
Le rapport du National Bureau of Statistics (NBS) a indiqué que le PIB a progressé de 4,43 % au T2 2026, une performance que Babayo qualifie de plus qu’un simple chiffre. Selon lui, la contribution provient désormais d’une combinaison d’agriculture, de services et d’autres secteurs productifs, marquant une rupture avec une croissance historiquement tirée par le pétrole. Cette diversification, estime-t-il, constitue le socle d’une économie plus résiliente.
Les réformes structurelles au cœur du redressement
L’administration Tinubu aurait entrepris une série de changements visant à corriger les distorsions structurelles héritées des gouvernements précédents. Parmi les mesures citées figurent la réforme des subventions énergétiques, le renforcement des recettes publiques, l’amélioration du climat d’investissement et la réorientation des dépenses publiques vers les infrastructures, l’énergie et le développement humain. Babayo souligne que ces actions, bien que coûteuses à court terme, sont essentielles pour créer un environnement propice à l’attraction de capitaux et à la production locale.
Le paradoxe politique des réformes
Selon le président de la FERMA, les réformes structurelles engendrent inévitablement un « inconfort politique » : les coûts sont immédiats tandis que les bénéfices se manifestent à plus long terme. Cette dynamique crée un défi pour le gouvernement, qui doit concilier la pression sociale avec la nécessité de poursuivre les ajustements économiques. Babayo insiste sur la responsabilité du pouvoir de « rester le cap », d’améliorer l’exécution des politiques et de protéger les populations les plus vulnérables pendant la transition.
Critères de succès et priorités futures
Pour que la croissance se traduise en amélioration concrète, Babayo identifie plusieurs indicateurs clés : création d’emplois, hausse des revenus ménagers, réduction des coûts de production, sécurité alimentaire accrue, pouvoir d’achat renforcé et meilleure qualité de vie. Il appelle également à intensifier les investissements dans les infrastructures de transport, l’électricité, l’agriculture et le capital humain, ainsi qu’à faciliter l’accès à un crédit abordable pour le secteur privé, afin que celui‑ci devienne le principal moteur de la création de richesse.