La justice américaine impose à TikTok une amende historique de 400 millions de dollars pour avoir violé les droits des mineurs en collectant leurs données personnelles sans consentement parental. Une décision qui intervient alors que les autorités multiplient les pressions contre les plateformes numériques accusées de négliger la sécurité des jeunes utilisateurs.
Une plainte historique fondée sur la loi COPPA
En août 2024, le ministère de la Justice américain et la FTC ont accusé TikTok d’avoir « sciement » permis à des millions d’enfants de moins de 13 ans de créer des comptes et d’accéder à l’application, malgré les restrictions légales. La plainte révèle que l’entreprise a collecté leurs données personnelles sans informer leurs parents ni obtenir leur accord, y compris sur les comptes dédiés au « Kids Mode », censés être sécurisés. Pire, ces mineurs ont pu interagir avec des adultes et accéder à des contenus inappropriés, tandis que les demandes de suppression de comptes par les parents n’étaient pas systématiquement honorées.
Un accord sans aveu de culpabilité mais sous haute surveillance
TikTok a accepté de verser 300 millions de dollars immédiatement, avec une possibilité de régler 100 millions supplémentaires si un tribunal annule une ordonnance de 2019, héritée de l’acquisition de Musical.ly. Cet accord, qui n’implique aucune reconnaissance de responsabilité, s’accompagne de mesures renforcées pour protéger les jeunes utilisateurs : contrôle parental amélioré, paramètres de confidentialité révisés et procédures de conformité strictes. Ces changements font suite à une restructuration majeure de l’actionnariat de TikTok, passée sous contrôle américain en janvier 2025 pour éviter une interdiction aux États-Unis.
L’Europe et les États-Unis unis contre les géants du numérique
La pression ne se limite pas aux frontières américaines. En juillet 2025, la Commission européenne a ouvert une procédure contre TikTok pour « manquement à ses obligations de protection des mineurs », pointant des paramètres de confidentialité insuffisants face aux risques de cyberharcèlement et d’exposition à des prédateurs. Aux États-Unis, TikTok n’est pas le seul visé : Meta (Facebook, Instagram), Snapchat et YouTube font l’objet de poursuites similaires, accusés d’avoir contribué à la dégradation de la santé mentale des adolescents. Ces affaires s’appuient sur la loi COPPA, un texte de 1998 qui encadre depuis près de 30 ans la collecte de données des moins de 13 ans en ligne.
Le ministère américain qualifie cet accord de « l’un des plus importants jamais obtenus » dans le cadre de la COPPA, soulignant l’urgence d’une régulation plus stricte des plateformes numériques. Reste à savoir comment ces fonds seront utilisés : en mai 2025, des rumeurs évoquaient leur possible affectation à des projets d’embellissement urbain sous l’administration Trump, mais aucune confirmation officielle n’a été donnée.