La persistance des ralliements politiques au sein de la nouvelle administration sénégalaise suscite des critiques acerbes sur la réalité de la rupture promise par le pouvoir en place. Tidiane Sall, figure de la République des Valeurs, exhorte le président Bassirou Diomaye Faye à privilégier l'éthique de responsabilité sur le clientélisme politique.
Le défi de la rupture face au clientélisme
Pour Tidiane Sall, la pratique de la transhumance politique, qui voit des élus rejoindre le camp présidentiel au gré des opportunités, menace la crédibilité des institutions. Il souligne que cette dynamique fragilise le contrat social, en apprenant aux élus que la proximité avec le chef de l'État prime sur la fidélité aux engagements pris devant les électeurs. Cette critique vise directement la promesse de changement portée par le président Diomaye Faye, dont la gestion des nominations est désormais scrutée par une partie de l'opposition.
Exigence de transparence dans la gestion publique
Au-delà des mouvements partisans, c'est le fonctionnement même de l'État qui est remis en question. Tidiane Sall plaide pour une rupture profonde dans les modes d'accès aux responsabilités, affirmant qu'une nomination doit servir l'intérêt général et non récompenser une allégeance politique. Il appelle à une réforme structurelle des dépenses publiques, réclamant la suppression des enveloppes discrétionnaires à la disposition du chef de l'État. Selon lui, ces fonds doivent être soumis à un contrôle rigoureux pour éviter tout usage partisan des ressources nationales.
La légitimité du mandat électif
Le débat soulevé porte également sur la nature du mandat électif, que Tidiane Sall refuse de voir transformé en un bien personnel. S'il reconnaît la liberté individuelle de changer de formation politique, il insiste sur l'obligation de rendre des comptes aux citoyens. Dans un contexte où les attentes sociales restent fortes, notamment en matière de santé et de pouvoir d'achat, il qualifie la course aux postes de responsabilité d'indécente. Il rappelle enfin au président l'impératif de son triptyque « Jub, Jubal, Jubanti » (justice, rectitude, transparence), estimant que les Sénégalais attendent un redressement national plutôt qu'un simple reclassement du personnel politique.