Thierno Bocoum, président d’AGIR‑Les leaders, accuse le Pastef et sa majorité de laisser les querelles internes dominer l’agenda public, au détriment de besoins urgents comme l’emploi, le pouvoir d’achat ou la maîtrise des inondations.
Une dénonciation qui remonte à l’opposition
Bocoum rappelle qu’il a commencé à alerter dès la période où le Pastef était encore dans l’opposition. À cette époque, il dénonçait ce qu’il qualifiait de populisme et de contradictions internes, qualifiant le mouvement de « fourberie politique ». Il a même été qualifié d’« opposant de l’opposition », un terme qui, selon lui, préfigurait les dérives observées depuis l’accès au pouvoir.
Les priorités ignorées : emploi, pouvoir d’achat et services publics
Le critique s’appuie sur plusieurs indicateurs concrets : le taux de chômage persistant, la perte de pouvoir d’achat, les coupures d’électricité récurrentes, les inondations qui touchent chaque saison et le coût de la vie qui ne cesse d’augmenter. Pour Bocoum, ces difficultés traduisent un écart grandissant entre les promesses de transformation affichées par le gouvernement et les résultats réellement observés sur le terrain.
Commissions d’enquête et listes électorales sous le feu du reproche
Il remet également en cause la légitimité des commissions d’enquête parlementaires, qu’il estime davantage instrumentales à la lutte de pouvoir qu’à la recherche de solutions concrètes. De plus, il conteste la composition de la liste présentée par le Pastef aux législatives, la jugeant davantage destinée à consolider le contrôle du pouvoir qu’à rassembler une majorité réellement au service des Sénégalais. Selon lui, les tensions actuelles au sommet du pouvoir renforcent cette lecture.
Conséquences pour la gouvernance sénégalaise
En soulignant que les annonces publiques ont souvent précédé les réalisations concrètes, Bocoum met en garde contre une gouvernance qui privilégie la mise en scène politique au détriment de l’action. Il invite les décideurs à recentrer leurs priorités sur les besoins fondamentaux de la population, sous peine d’alimenter un sentiment d’abandon qui pourrait fragiliser la confiance dans les institutions.