Le paysage politique sénégalais est marqué par une vive controverse initiée par le député Thierno Alassane Sall. Le leader de la République des valeurs conteste l'implication du président Bassirou Diomaye Faye dans les activités de sa nouvelle formation politique, Kiiraay, tout en soulevant des interrogations sur la conduite de dossiers stratégiques nationaux.
La confusion entre engagement partisan et fonction présidentielle
Au cœur des critiques de Thierno Alassane Sall figure le lancement récent du parti Kiiraay, présenté comme la formation présidentielle. Le parlementaire s'interroge ouvertement sur le temps que le chef de l'État consacre à cette organisation, financée et protégée par les ressources de la République. Cette sortie fait écho aux déclarations du président Faye, qui avait qualifié Kiiraay de parti majoritaire au service de la nation. Pour le député, cette posture soulève un risque de confusion des genres, dénonçant par ailleurs une forme de clientélisme politique qu'il qualifie de « ruée vers le gâteau Sénégal ».
Le dossier gazier Yaakaar-Teranga sous surveillance
Au-delà des enjeux partisans, le député pointe du doigt une gestion jugée insuffisante du projet gazier Yaakaar-Teranga. S'appuyant sur des révélations récentes, il reproche au président de ne pas avoir suffisamment approfondi les enjeux liés au calendrier de production et aux relations complexes avec le partenaire Kosmos. Ce projet est pourtant crucial pour la stratégie « Gas to Power » du pays, visant à réduire durablement les coûts de l'électricité pour les ménages et les entreprises.
Exigence de transparence sur les arbitrages gouvernementaux
Thierno Alassane Sall soulève également des questions de gouvernance institutionnelle. Il s'interroge sur la fréquence des échanges au sein du Conseil des ministres, désormais organisé de manière bimensuelle, et sur la place réelle accordée aux dossiers stratégiques lors de ces réunions. Selon l'élu, le chef de l'État accorderait une attention disproportionnée aux calculs électoraux locaux au détriment des grands chantiers de la République. Cette interpellation souligne un besoin de clarification sur les priorités de l'exécutif, alors que les attentes des citoyens sur le coût de la vie et la gestion des ressources naturelles restent élevées.