Le député Thierno Alassane Sall a soulevé des interrogations majeures concernant une ligne budgétaire de 1,5 milliard de francs CFA inscrite dans la loi de finances rectificative (LFR) 2026. Cette enveloppe, destinée à l'électrification de localités sénégalaises, fait l'objet de vives critiques en raison de soupçons sur la transparence du processus contractuel lié à un emprunt auprès de la banque espagnole Santander.
Des zones d'ombre sur le financement Santander
Au cœur de la contestation se trouve un programme de livraison d'équipements et de services financé par la banque Santander. Selon l'analyse du député, le montant de 1,5 milliard de francs CFA apparaît simultanément en autorisations d'engagement et en crédits de paiement. Thierno Alassane Sall soutient que cette inscription budgétaire anticipe un décaissement pour des prestations non encore réalisées, établissant un parallèle avec des factures contestées. Pour l'élu, cette pratique soulève des questions sur la régularité de l'engagement financier de l'État.
L'électrification rurale au centre des tensions
Cette polémique intervient dans un contexte marqué par des délestages récurrents et une couverture électrique jugée insuffisante dans de nombreuses zones rurales. Le député affirme que près de 1 700 villages se retrouvent pénalisés par ces choix budgétaires, qu'il qualifie de « combines ». Il met en garde l'exécutif contre toute tentative de contournement du code des marchés publics pour valider ce projet, insistant sur le fait que le gouvernement ne peut ignorer les risques de malversations associés à ce dossier.
Diversification des sources de financement
Le document budgétaire consulté par le parlementaire met également en lumière d'autres projets d'infrastructures énergétiques en cours dans le pays. Il s'agit notamment d'un programme d'électrification de 177 villages via des mini-centrales photovoltaïques, bénéficiant du soutien de la Banque Islamique de Développement (BID) et de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD). Par ailleurs, le projet de la boucle 225 kV du Ferlo est identifié comme étant financé par l'institution financière française Natixis. Ces différents partenariats illustrent la complexité du montage financier du secteur énergétique sénégalais, désormais sous la surveillance accrue des élus nationaux.