Le Cybercab, nouveau concept de taxi autonome lancé par Tesla, attire déjà l'attention des autorités américaines. La NHTSA a ouvert une enquête pour vérifier que le constructeur a bien suivi le processus de certification, alors que le véhicule ne possède ni volant ni pédales, ce qui pourrait contrevenir aux normes de sécurité en vigueur.
Un taxi sans conducteur : le concept du Cybercab
Conçu comme un véhicule de transport partagé à coût réduit, le Cybercab se démarque par l'absence totale de commandes humaines : il n’a ni volant, ni pédales, ni tableau de bord traditionnel. Tesla le présente comme une solution de mobilité urbaine où les passagers sont embarqués et débarqués sans intervention d’un chauffeur, le tout grâce à une suite de capteurs et d’algorithmes de conduite autonome de niveau 5. Le prototype a été mis en circulation en septembre 2026, avec une production estimée à environ 1 000 unités.
Le cadre réglementaire américain et la démarche de Tesla
Aux États‑Unis, la certification des véhicules repose sur le principe de l’auto‑certification : les constructeurs déclarent la conformité de leurs modèles aux exigences de sécurité et en informent l’Agence fédérale de sécurité routière (NHTSA). Tesla a ainsi notifié la NHTSA de son intention de déployer le Cybercab, sans toutefois déposer de demande d’exemption aux exigences classiques qui imposent la présence d’un volant et de pédales. Cette démarche soulève des questions, car la réglementation actuelle ne prévoit pas d’exception automatique pour les véhicules entièrement autonomes.
Enquête de la NHTSA : conformité et dérogations
La NHTSA a confirmé qu’elle examine depuis un an la possibilité d’adapter les standards de sécurité aux innovations technologiques, mais que les règles actuelles restent applicables. L’agence cherche à déterminer si Tesla a respecté le processus de certification ou s’il a omis de solliciter une dérogation officielle. Aucun communiqué officiel n’indique que le constructeur aurait reçu une autorisation spéciale, ce qui place le Cybercab dans une zone grise réglementaire.
Déploiement limité à Austin : chiffres et enjeux
À ce jour, seulement 45 Cybercabs circulent dans une zone restreinte d’Austin, au Texas, où se trouve le siège de Tesla. Cette présence restreinte reflète à la fois la phase pilote du projet et les incertitudes juridiques qui l’entourent. Le faible nombre d’unités opérationnelles permet aux autorités locales de surveiller de près le comportement du véhicule en conditions réelles, tout en offrant à Tesla un terrain d’essai pour ajuster son offre avant un éventuel déploiement plus large, sous réserve d’une validation réglementaire définitive.