À quelques semaines d'un vote déterminant pour l'homologation du système de conduite autonome (FSD) de Tesla au sein de l'Union européenne, le constructeur américain a dévoilé un rapport de sécurité très favorable. Ce document, destiné à convaincre les régulateurs, met en avant une réduction significative des comportements à risque par rapport à la conduite manuelle.
Des indicateurs de performance sous contrôle
Dans son rapport, Tesla avance que ses véhicules de test auraient été 4,1 fois plus sûrs que la conduite humaine sur une période de cinq mois. Le constructeur s'appuie sur une comparaison réalisée à partir de 102 millions de kilomètres parcourus manuellement dans les cinq pays européens ayant déjà autorisé le FSD à titre national. Les données font état d'une baisse drastique des freinages d'urgence automatiques, des accélérations brusques et des changements de direction soudains. Sur 1,6 million de kilomètres parcourus par ses véhicules d'ingénierie, aucune collision responsable n'a été enregistrée, avec un taux de réussite de 98 % lors de 230 000 tests de scénarios variés.
Le poids de l'enjeu réglementaire européen
La publication de ces chiffres, présentés initialement aux États membres en avril dernier, intervient dans un contexte de forte pression politique. Le 6 octobre 2026, les pays de l'Union européenne devront trancher sur l'approbation globale du FSD. Tesla justifie cette technologie par une volonté de réduire l'accidentologie routière, citant les 19 400 décès enregistrés sur les routes européennes en 2025, dont la majorité serait imputable à l'erreur humaine.
Une méthodologie qui soulève des réserves
Malgré l'optimisme affiché par le constructeur, la prudence reste de mise. Les données communiquées n'ont fait l'objet d'aucune vérification par un organisme tiers indépendant, une lacune notable compte tenu des antécédents de Tesla, déjà accusé par le passé d'avoir manipulé certaines statistiques. Par ailleurs, le périmètre de l'étude est limité : les chiffres reposent exclusivement sur les véhicules de test de la firme et n'intègrent pas les données réelles issues des véhicules des particuliers utilisant le système. Cette absence de transparence totale laisse aux régulateurs européens la responsabilité d'évaluer la fiabilité réelle du dispositif avant le scrutin d'octobre.