En amont d'un vote décisif des États membres de l'Union européenne prévu pour décembre, Tesla a procédé à une mise à jour technique de son système d'aide à la conduite. Cette manœuvre vise à répondre aux vives inquiétudes des régulateurs concernant les excès de vitesse constatés lors de l'utilisation du dispositif, un frein majeur à son homologation à l'échelle communautaire.
Un changement de nomenclature pour clarifier les responsabilités
Le constructeur abandonne l'appellation « Full Self-Driving » (FSD) au profit de « Tesla Assisted Driving » (TAD) en Europe. Ce changement de nom, validé par l'autorité néerlandaise RDW, souligne la nature de niveau 2 de cette technologie : il s'agit d'une aide à la conduite et non d'un système autonome. Le régulateur insiste sur le fait que cette modification sémantique ne décharge en rien le conducteur de sa responsabilité pleine et entière lors de l'utilisation du véhicule.
Bridage des marges de dépassement de vitesse
La modification la plus significative concerne la gestion des limites de vitesse. Tesla a réduit la marge de dépassement autorisée par le système, la faisant passer de 50 % à 10 %. Concrètement, sur une zone limitée à 50 km/h, le véhicule plafonnera désormais à 55 km/h, contre 75 km/h auparavant. De plus, le système se réinitialise par défaut à 0 % de marge à chaque démarrage, obligeant le conducteur à réactiver manuellement toute tolérance supplémentaire. Ces mesures visent à corriger les comportements dangereux observés lors de tests indépendants, notamment à Bruxelles, où le système dépassait fréquemment les limitations dans les zones urbaines.
Les défis persistants pour une homologation européenne
Malgré ces ajustements, l'obtention du feu vert européen reste incertaine. Certains États membres, à l'image de la Suède, exigent une interdiction stricte de tout dépassement des limitations de vitesse. Par ailleurs, la fiabilité de la lecture des panneaux de signalisation demeure un point critique : si le système identifie incorrectement une zone limitée à 30 km/h comme une zone à 50 km/h, la réduction de la marge de dépassement perd une partie de son efficacité. Le vote final, qui nécessite une majorité qualifiée représentant 65 % de la population de l'UE, sera déterminant pour l'avenir de la technologie sur le marché européen.