Une attaque armée d’ampleur a visé samedi le palais présidentiel de Niamey, où des tirs nourris ont retenti toute la nuit. La garde présidentielle a repoussé des insurgés issus des rangs mêmes des forces armées, révélant les fractures internes au sein du régime issu du putsch de 2023.
Une offensive nocturne ciblant les symboles du pouvoir
Des échanges de tirs intenses ont été signalés dans plusieurs quartiers de la capitale nigérienne, notamment autour du palais présidentiel et de la base militaire majeure située près de l’aéroport. Selon un résident, les armes utilisées « ne sont pas celles que des terroristes à moto pourraient porter », évoquant l’implication de militaires de haut rang. Les combats, décrits comme « ininterrompus depuis la veille », ont également perturbé le signal de la télévision d’État pendant plus d’une heure avant sa restauration vers 10h (heure locale).
Des indices d’une mutinerie interne
Les témoignages recueillis suggèrent une coordination entre les assaillants, avec des mouvements de véhicules militaires bloqués ou contraints de faire demi-tour. Un autre habitant a rapporté des tirs sporadiques d’armes légères dès 5h du matin dans l’ouest de la ville. Les vidéos circulant en ligne montrent le déploiement de blindés pour renforcer la zone aéroportuaire, un bastion stratégique pour les forces loyalistes. Ces éléments pointent vers une tentative de déstabilisation émanant de factions au sein même de l’appareil sécuritaire, une hypothèse corroborée par la nature des équipements utilisés.
Un contexte sécuritaire déjà explosif
Depuis trois ans, le Niger est dirigé par une junte militaire arrivée au pouvoir après un coup d’État. Malgré ses promesses de rétablir l’ordre, le régime peine à endiguer la progression des groupes jihadistes, actifs dans le pays depuis près de dix ans. Cette attaque survient alors que les tensions internes au sein des forces armées, déjà fragilisées par des divisions idéologiques et des rivalités de pouvoir, pourraient aggraver la crise sécuritaire. Les autorités n’ont pas encore réagi officiellement, mais l’incident soulève des questions sur la cohésion des institutions et la capacité du pouvoir à maintenir son contrôle.