Alors que le conflit entre l'Iran et les États-Unis entre dans son huitième mois sans issue diplomatique, Téhéran évalue de nouvelles options militaires en Europe du Sud-Est. Des sources proches du Corps des gardiens de la révolution islamique révèlent que des bases américaines en Bulgarie et à Chypre figurent parmi les cibles potentielles en cas d'escalade. Cette perspective d'une extension géographique des hostilités survient dans un contexte de blocage total entre les deux puissances autour du contrôle stratégique du détroit d'Ormuz.
Les faits essentiels
Le commandement militaire iranien a analysé plusieurs scénarios de riposte ciblant des installations américaines situées en Europe du Sud-Est, spécifiquement en Bulgarie et sur l'île de Chypre. Selon des informations internes au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), ces attaques potentielles pourraient être menées à l'aide de missiles balistiques de portée intermédiaire. Toutefois, les capacités de frappe de Téhéran au-delà de cette zone restent limitées, car augmenter la portée de ses missiles nécessiterait d'alléger leur charge explosive, réduisant ainsi leur efficacité.
Parallèlement, les forces iraniennes ont étudié la possibilité de saboter les câbles sous-marins en fibre optique qui longent le détroit d'Ormuz. Sur le plan diplomatique, les discussions sont totalement rompues. Donald Trump a récemment affirmé qu'aucune négociation n'était en cours, évoquant même l'idée de placer le détroit d'Ormuz sous contrôle américain après une éventuelle défaite de l'Iran. Une position fermement rejetée par le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, qui réaffirme la souveraineté de Téhéran sur cette voie maritime.
Pourquoi c'est important
Ces révélations mettent en lumière le risque réel d'une internationalisation d'un conflit jusqu'ici principalement circonscrit au Moyen-Orient et au Golfe. L'inclusion de Chypre et de la Bulgarie place directement des zones proches ou membres de l'Union européenne dans la ligne de mire de Téhéran. Chypre, qui abrite la base aérienne britannique d'Akrotiri utilisée par les forces occidentales, avait déjà été frôlée par des tirs iraniens lors de l'opération « Promesse honnête 4 » au début du conflit.
De plus, l'enjeu économique autour du détroit d'Ormuz demeure un point de friction majeur et insoluble. Comme le souligne l'économiste Mohit Kumar de la banque Jefferies, l'Iran refuse de céder le contrôle de ce passage stratégique, tandis que les États-Unis s'opposent catégoriquement à toute taxation du trafic maritime par Téhéran. Bien que les cours du pétrole restent stables sous la barre des 100 dollars le baril, la menace sur les infrastructures de télécommunication sous-marines et les récents incidents contre des navires émiratis en août rappellent la fragilité de la sécurité énergétique mondiale.
Ce qu'il faut surveiller
L'évolution de la situation dépendra de la concrétisation de ces menaces et de la réaction des pays hôtes des bases visées. À ce stade, ni Washington ni Téhéran n'ont officiellement confirmé ces plans d'attaque, ce qui laisse planer une incertitude sur le niveau de préparation réel du CGRI. Il conviendra de suivre de près la sécurité des infrastructures de communication dans le détroit d'Ormuz, cibles potentielles de sabotages technologiques.
Enfin, l'absence de canaux de communication actifs entre les deux pays accentue le risque d'un incident majeur dans le Golfe, où des navires commerciaux continuent de circuler malgré des attaques sporadiques. La posture offensive des États-Unis et la fermeté de la réplique iranienne sur le contrôle d'Ormuz détermineront si le conflit basculera vers une confrontation directe ou s'il se maintiendra dans ce statu quo armé.