La sphère politique française est sous tension après que Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national à la présidentielle, a exhorté le média d'investigation Mediapart à « enfiler un costard en Kevlar ». Cette déclaration, perçue comme une menace physique par une partie de la classe politique, a conduit la députée écologiste Léa Balage El Mariky à saisir le procureur de la République au titre de l'article 40.
Une escalade verbale contre la presse
Les propos de Marine Le Pen ont été tenus lors d'un point-presse le 29 septembre 2026, en réaction à la publication par Mediapart de messages antisémites attribués à Jordan Bardella, datant de 2013. En utilisant la métaphore du « Kevlar » — matériau principalement utilisé pour la confection de gilets pare-balles — la candidate a laissé entendre qu'une réponse vigoureuse, voire conflictuelle, serait apportée aux journalistes. Cette sortie intervient dans un climat déjà dégradé, Jordan Bardella ayant lui-même évoqué les « prémices d'une guerre totale » à l'encontre du média.
La réponse judiciaire des élus
Face à ce qu'elle qualifie de « menaces de mort », la députée Léa Balage El Mariky a officialisé sa démarche auprès du procureur. L'utilisation de l'article 40 du Code de procédure pénale permet à toute autorité constituée ou officier public d'informer le ministère public de crimes ou délits dont ils ont connaissance. Cette initiative souligne l'inquiétude croissante concernant la sécurité des journalistes et le respect des libertés publiques dans le débat démocratique.
La défense de l'indépendance journalistique
De son côté, Mediapart a fermement réagi à ces déclarations, dénonçant une « violence sidérante » de la part de l'extrême droite. Le journal d'investigation a rappelé que toute attaque visant le travail de la presse constitue une atteinte directe à un pilier fondamental de la démocratie. Alors que le Rassemblement national conteste la véracité des écrits attribués à son président, qualifiant les révélations de « faux grossiers », le débat se déplace désormais sur le terrain judiciaire, cristallisant les fractures entre les acteurs politiques et les médias d'investigation.