Une manifestation organisée par des mouvements d'extrême droite devant le ministère des Transports à Madrid a viré à l'affrontement avec les forces de l'ordre ce mercredi 28 octobre. Ce rassemblement, qui exigeait la démission du ministre Óscar Puente, intervient dans un climat de forte instabilité sociale, marqué par une seconde catastrophe ferroviaire cette année ayant causé la mort de 69 personnes.
Un contexte de crise politique aggravé
Le drame ferroviaire survient alors que l'Espagne traverse une période de turbulences politiques majeures, le pays étant en pleine préparation d'élections législatives anticipées. La colère des manifestants, qui s'est cristallisée autour de la gestion des infrastructures de transport, s'inscrit dans une contestation plus large du gouvernement dirigé par Pedro Sánchez. Les slogans entendus lors du rassemblement ont directement visé l'exécutif, qualifié par certains porte-paroles de « bande de corrompus ».
Mobilisation des mouvements radicaux
L'appel à manifester a été relayé par des organisations nationalistes et d'extrême droite, notamment la Phalange espagnole et le groupe Revuelta. Ces mouvements, particulièrement actifs dans l'opposition au gouvernement actuel, ont profité de l'émotion nationale suscitée par l'accident pour porter des revendications politiques radicales. Outre les critiques sur la sécurité ferroviaire, des slogans hostiles aux migrants et à la presse ont été scandés, tandis que des symboles liés à l'ère franquiste étaient visibles au sein du cortège.
Affrontements et maintien de l'ordre
La manifestation, qui a duré environ deux heures, a rapidement basculé dans la violence. Des militants ont cherché le contact direct avec les forces de police déployées devant le ministère. En réponse aux tentatives de percée et aux agressions, les unités antiémeutes ont procédé à des charges et fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser la foule. Si la situation a été contenue, ces heurts illustrent la polarisation extrême du débat public espagnol, où chaque crise nationale devient un vecteur de confrontation directe entre les autorités et les franges les plus radicales de la société civile.