Le ministre du Territoire de la capitale fédérale (FCT) du Nigeria, Nyesom Wike, a exprimé une opposition frontale à l'accession du gouverneur de l'État d'Imo, Hope Uzodimma, à la présidence du Sénat en 2027. Cette déclaration, faite lors d'une émission télévisée, cristallise les fractures internes au sein de la classe politique nigériane à l'approche des prochaines échéances électorales.
Une coalition au cœur des dissensions
Au centre de ce conflit se trouve la « Rainbow Coalition », une plateforme politique multi-partis initiée par Nyesom Wike pour soutenir la réélection du président Bola Tinubu en 2027. Cette initiative est vivement contestée par le Progressives Governors Forum (PGF), présidé par Hope Uzodimma. Le gouverneur craint que cette coalition ne fragilise l'unité du parti au pouvoir, l'APC, en offrant des alternatives aux candidats écartés lors des processus de nomination internes.
Stratégies d'influence et ambitions législatives
Nyesom Wike accuse le gouverneur Uzodimma de manœuvrer pour contrôler la désignation des candidats aux législatives afin de sécuriser une base de soutien en vue de son élection à la présidence du Sénat. Selon le ministre, le gouverneur inciterait ses pairs à imposer des profils loyaux dans les circonscriptions, une stratégie que Wike qualifie de poursuite d'intérêts personnels sous couvert de renforcement du pouvoir des gouverneurs. L'enjeu est de taille : le mandat de gouverneur d'Uzodimma s'achève en janvier 2028, tandis que la nouvelle législature doit être inaugurée en juin 2027.
L'incertitude autour d'une démission anticipée
La question d'une éventuelle démission anticipée du gouverneur pour briguer un siège au Sénat alimente les spéculations. Des rumeurs persistantes évoquent un accord avec sa vice-gouverneure, Chinyere Ekomaru, pour faciliter une transition en cas de départ précipité. Bien que le bureau de cette dernière ait formellement démenti toute démission à ce jour, la manœuvre reste un point de vigilance majeur pour les observateurs de la vie politique nigériane. Nyesom Wike, de son côté, continue de contester la légitimité politique d'Uzodimma, rappelant les circonstances controversées de son accession au poste de gouverneur en 2020, après une décision de la Cour suprême.