Le lancement officiel des activités électorales pour le scrutin de 2027 à Kaduna a été marqué par une vive confrontation entre les forces de sécurité et les militants de l'African Democratic Congress (ADC). Cet incident, survenu lors d'une marche de solidarité pour le candidat Isa Ashiru, ravive les inquiétudes sur le respect des libertés publiques et le climat politique dans cet État clé du nord du Nigeria.
Un affrontement aux versions divergentes
La marche organisée par l'ADC aux abords de Murtala Square a été brutalement interrompue par l'usage de gaz lacrymogènes, provoquant la dispersion des manifestants et plusieurs blessés. Le candidat de l'ADC, Isa Ashiru, a fermement condamné cette intervention, dénonçant une violation des droits constitutionnels à l'expression et à l'association. De son côté, une source gouvernementale a justifié l'action des forces de l'ordre par la nécessité de prévenir tout trouble à l'ordre public et de protéger les biens des citoyens face à une potentielle infiltration de fauteurs de troubles.
Un climat électoral sous haute tension
Cet épisode intervient alors que la campagne pour les élections de 2027 a officiellement débuté le 9 septembre. La compétition s'annonce particulièrement serrée dans l'État de Kaduna. Le gouverneur sortant, Uba Sani, représentant le All Progressives Congress (APC), mise sur son bilan et l'avantage de l'incumbence pour obtenir un second mandat. Face à lui, Isa Ashiru, ancien candidat du PDP désormais sous les couleurs de l'ADC, tente de capitaliser sur un nouveau positionnement politique, soutenu notamment par le ralliement de l'ancien gouverneur Nasir El-Rufai.
La question des libertés publiques au cœur du débat
Au-delà de l'incident physique, la polémique porte sur l'espace accordé à l'opposition. L'ADC a rappelé l'existence de décisions judiciaires antérieures de la Haute Cour de Kaduna, jugeant inconstitutionnelles les tentatives de restriction des rassemblements politiques par la police. Alors que l'APC affirme vouloir axer sa campagne sur ses réalisations administratives plutôt que sur les attaques personnelles, la gestion de ces premiers rassemblements suggère que la liberté de mouvement des candidats et de leurs partisans constituera un enjeu majeur de la période pré-électorale à venir.