La démolition d'une partie de la clôture du siège régional du New Patriotic Party (NPP) à Ho, dans la région de la Volta, a déclenché une vive controverse entre les deux principales forces politiques du pays. Si le NPP dénonce une manœuvre délibérée visant ses infrastructures, le National Democratic Congress (NDC) soutient qu'il s'agit d'une opération technique nécessaire à l'aménagement urbain.
Un conflit entre aménagement routier et soupçons de victimisation
Le différend trouve son origine dans les travaux de voirie menés dans le cadre du programme gouvernemental « Big Push ». Selon le NPP, la destruction de leur mur de clôture, située à proximité du stade de Ho, ne serait pas fortuite. James Geh, responsable de la communication du parti pour la circonscription de Ho Central, a qualifié l'acte de ciblage délibéré, tout en affirmant que son parti n'est pas opposé au développement des infrastructures, évoquant même des projets routiers futurs portés par le NPP.
La justification technique du NDC
Face aux accusations, le NDC a formellement rejeté toute intention de victimisation politique. Sorkpa Kafui Agbleze, responsable de la communication régionale du NDC, a précisé que l'opération visait à libérer les emprises routières nécessaires aux travaux en cours. Il a souligné que cette mesure d'urbanisme ne se limite pas aux biens du NPP : plusieurs autres structures, incluant des propriétés privées et des dépendances de l'église AME Zion, ont également été démolies pour permettre l'élargissement des voies.
La question de la concertation préalable
Au cœur du débat figure également la gestion de la communication entre les autorités municipales et les propriétaires des structures impactées. Le NDC affirme que le tracé de la route était identifié depuis l'année précédente et que la direction régionale du NPP avait été informée par le biais de l'Assemblée municipale de Ho. Les autorités locales auraient, selon le NDC, tenté d'engager le dialogue avec les responsables du parti avant d'entamer les travaux. Afin de limiter les pertes matérielles, les éléments démontables, tels que les portails métalliques, ont été retirés avant la démolition du mur.
Un enjeu de gouvernance locale
Cette affaire illustre la difficulté de mener des projets d'infrastructure dans un climat de forte polarisation politique. Le NDC a appelé les acteurs politiques à ne pas politiser les travaux d'ingénierie municipale, insistant sur le fait que les règles d'occupation du domaine public doivent s'appliquer uniformément, indépendamment de l'appartenance institutionnelle ou religieuse des propriétaires. La situation reste un point de tension à suivre, alors que les travaux de réaménagement se poursuivent dans la ville de Ho.