Le climat politique s'alourdit dans l'État d'Ebonyi, au Nigeria, à l'approche des échéances électorales de 2027. Le Peoples Democratic Party (PDP), principale force d'opposition, a vivement réagi aux récentes déclarations du gouverneur Francis Nwifuru, qu'il accuse de vouloir instaurer un climat d'intimidation et d'hostilité envers les voix divergentes.
Des menaces directes sur les élus locaux
Lors de l'investiture des nouveaux présidents de conseils locaux, le gouverneur Francis Nwifuru a adressé un avertissement sans équivoque à ses subordonnés : tout responsable local dont la circonscription ne basculerait pas en faveur de l'All Progressives Congress (APC) en 2027 s'expose à une révocation immédiate. Pour le président du PDP dans l'État, Chukwuma Igwe, ces propos ne relèvent pas de la simple joute politique, mais constituent une menace directe contre la participation démocratique et l'exercice de l'opposition.
Une rhétorique qui se propage localement
L'influence de ces déclarations s'est rapidement fait sentir sur le terrain. Paul Ituma, président nouvellement investi de la zone de gouvernement local d'Ohaukwu, a franchi un cap supplémentaire en qualifiant d'« ennemis » tous ceux qui s'opposent à la ligne du gouverneur. Dans une vidéo largement relayée, il a averti les membres de l'opposition de ne pas s'aventurer dans sa juridiction, menaçant de les déclarer persona non grata. Cette posture illustre une radicalisation du discours politique local, où l'appartenance partisane devient un critère d'exclusion territoriale.
Appel à la vigilance des institutions
Face à ce qu'il qualifie d'« invitation à l'hostilité », le PDP a exhorté les agences de sécurité à agir avec impartialité pour garantir la protection de tous les citoyens, indépendamment de leurs affiliations politiques. Le parti insiste sur le fait que l'architecture sécuritaire de l'État ne doit pas servir les intérêts d'une seule entité politique. Alors que les tensions montent, le PDP appelle la société civile et les institutions démocratiques à surveiller de près l'évolution de la situation à Ebonyi, rappelant que le choix des dirigeants doit impérativement résulter d'un processus électoral libre et équitable.