À l'approche des élections générales de 2027 au Nigeria, le climat politique dans l'État d'Ebonyi suscite de vives inquiétudes au sein de la société civile. Les récentes directives du gouverneur Francis Nwifuru, enjoignant aux responsables locaux de ne montrer « aucune pitié » envers l'opposition, sont perçues comme une dérive autoritaire menaçant la liberté de vote.
Des directives perçues comme un aveu de faiblesse
Lors de l'investiture des 13 présidents de conseils locaux, le gouverneur Francis Nwifuru a publiquement averti que tout élu dont la circonscription basculerait dans le camp adverse lors du scrutin de 2027 serait démis de ses fonctions. Pour Charles Otu, porte-parole de la Coalition de la société civile d'Ebonyi, ces propos ne relèvent pas d'une simple stratégie électorale, mais d'une panique face à un bilan jugé « abyssal ». Selon lui, une administration confiante dans ses réalisations n'aurait aucun besoin de recourir à l'intimidation pour garantir sa réélection.
La crainte d'une escalade sécuritaire
L'inquiétude dépasse le cadre des discours officiels. Des allégations font état de menaces concrètes proférées par des responsables locaux, à l'instar du président de la zone de gouvernement local d'Ohaukwu, Eze Paul Ituma, qui aurait menacé de déclarer « persona non grata » quiconque ne voterait pas pour le parti au pouvoir. La société civile signale également des violences politiques, notamment dans la région d'Izzi, et déplore l'absence de réaction des autorités policières malgré le dépôt de plusieurs plaintes formelles.
Un bilan gouvernemental sous le feu des critiques
Au-delà des enjeux électoraux, la coalition pointe du doigt une gestion défaillante des services publics. Les critiques se concentrent sur la faiblesse des investissements dans la santé — avec des dépenses par habitant parmi les plus basses du pays — et sur l'état de délabrement des institutions éducatives. Le projet de l'aéroport international Chuba Okadigbo est également au cœur de la controverse : alors que le gouvernement affirme vouloir stimuler l'économie, les opposants dénoncent une infrastructure sous-utilisée, dont les locaux auraient été détournés pour des activités cultuelles, une version contestée par les autorités qui évoquent des séances de prières administratives.
La protection des citoyens en question
Face à ce durcissement, les acteurs de la société civile réclament une intervention des autorités fédérales pour garantir la sécurité des citoyens et le respect du processus démocratique. Charles Otu, qui affirme avoir été victime de persécutions par le passé, a lancé un appel solennel à l'Inspecteur général de la police nigériane. Pour ces observateurs, l'enjeu est clair : les élections doivent demeurer un référendum sur la performance des élus, et non un champ de bataille où les citoyens sont sanctionnés pour leurs choix politiques.