Le Parti africain de la renaissance et de la citoyenneté (Pastef) traverse une période de tensions internes après les récentes nominations de plusieurs anciens ministres, réputés proches d’Ousmane Sonko, à des postes à l’Assemblée nationale. Ces choix, opérés alors que ce dernier préside actuellement l’institution, sont vivement contestés par une partie des militants et des cadres du parti.
Selon les informations rapportées, ces nominations sont perçues comme un système de favoritisme favorisant un cercle restreint de responsables, au détriment de cadres ayant contribué de longue date au projet politique. Plusieurs militants dénoncent un « recasement privilégié » qui marginaliserait des membres compétents et engagés depuis les débuts du parti.
Parmi les critiques les plus marquées figure Sokhna Ndiaye, cadre du Pastef en France et membre de Moncap/France. Spécialiste de l’enseignement supérieur et de la formation professionnelle, elle qualifie ces pratiques de « mercato politique » et de « clanisme ». Elle souligne que des militants ayant suspendu leurs activités professionnelles pour soutenir le projet, comme la création du Collectif d’accompagnement et d’aide aux étudiants sénégalais de l’extérieur (Calf), se sentent aujourd’hui relégués au second plan.
Un autre membre du parti, identifié sous les initiales MN et ayant requis l’anonymat, évoque la déception de nombreux cadres de la diaspora. Ces derniers, ayant renoncé à des opportunités professionnelles pour s’investir dans le projet politique, expriment leur frustration face à ce qu’ils perçoivent comme un partage des responsabilités entre proches. Certains envisageraient même de quitter les structures du parti.
Les tensions sont d’autant plus vives que des interrogations persistent sur la situation administrative et salariale de certains anciens ministres. Des publications sur les réseaux sociaux, notamment celles d’un journaliste, évoquent le maintien, pendant plusieurs mois après leur départ du gouvernement, des rémunérations de certains ex-membres de l’exécutif. Ces pratiques, selon plusieurs militants, entrent en contradiction avec les principes de « Jub, Jubal, Jubanti », slogan fondateur du parti prônant une gouvernance transparente et équitable.
Les observateurs soulignent que ces contestations pourraient accentuer les fractures internes si les préoccupations exprimées par la base ne trouvent pas de réponse. Le Pastef, qui se présente comme un mouvement alternatif, se retrouve ainsi confronté à des défis majeurs pour concilier les attentes de ses militants et les réalités de la gestion politique.