Un différend lié à la dévastation d'un champ de mil dans le village de Mbanga, province du Logone Oriental, a viré au drame le 1er septembre 2026. Cet affrontement, qui a causé la mort d'un éleveur et blessé grièvement une agricultrice, illustre la récurrence des tensions entre communautés rurales dans cette région du Tchad.
L'escalade d'un différend agropastoral
L'incident a débuté lorsqu'une agricultrice a tenté de protéger sa récolte de mil contre l'intrusion d'un troupeau de bœufs. Selon les témoignages recueillis sur place, l'éleveur a réagi avec une extrême violence, utilisant un arc et un couteau pour agresser la femme. En tentant de porter secours à sa mère, le fils de l'agricultrice, âgé d'environ 15 ans, a poursuivi l'agresseur et lui a asséné un coup de gourdin. L'éleveur a succombé à ses blessures lors de son transfert vers une structure sanitaire, tandis que la victime de l'agression initiale est actuellement prise en charge médicalement.
Des représailles communautaires malgré un accord
Bien qu'une compensation financière de 600 000 francs CFA ait été initialement versée aux proches du défunt pour organiser les funérailles, la situation a rapidement basculé dans une logique de représailles. Des groupes d'éleveurs ont pris d'assaut le village de Mbanga, procédant à des pillages de bétail et à des dégradations de domiciles. Le chef de canton de Bero, Daïngar Daïnguidim, a confirmé ces exactions, soulignant l'ampleur des pertes matérielles subies par les populations locales.
La réponse des autorités face à l'insécurité
Les autorités administratives et militaires, dont le préfet du département de la Nya, Youssouf Oumar Barh, sont intervenues pour sécuriser la zone et tenter de restaurer le calme. Si les autorités assurent que la situation est désormais sous contrôle, l'ouverture d'une enquête judiciaire est en cours pour établir les responsabilités précises dans ce cycle de violences. Ce drame souligne l'urgence de renforcer les mécanismes de médiation et de régulation foncière dans les zones rurales, où la cohabitation entre agriculteurs et éleveurs reste une source majeure d'instabilité.