L'incident survenu entre le député de Manhyia Sud, Nana Agyei Baffour Awuah, et l'Office des crimes économiques et organisés (EOCO) met en lumière les zones de friction entre les procédures judiciaires et les privilèges parlementaires. Cette confrontation soulève des interrogations sur la transparence des élus face aux enquêtes et sur l'efficacité opérationnelle des institutions de contrôle.
Un différend sur la procédure d'interpellation
L'EOCO affirme avoir tenté d'interpeller le député Baffour Awuah après que celui-ci a ignoré deux convocations émises en février 2026. De son côté, le parlementaire conteste la légitimité de ces invitations, arguant qu'elles concernaient les activités d'un associé principal de son ancien cabinet d'avocats. Le député justifie sa fuite par une crainte d'enlèvement, affirmant que l'agente dépêchée sur place n'a présenté ni pièce d'identité ni mandat d'arrêt, et a exigé qu'il monte dans un véhicule non identifié.
Le Parlement comme refuge politique
Au lieu de se présenter aux autorités compétentes pour vérifier l'identité de l'agente ou contester la procédure, le député s'est dirigé vers le Parlement. Ce choix interroge sur l'usage de l'enceinte parlementaire comme bouclier face à une enquête en cours. Si l'article 117 de la Constitution ghanéenne protège les privilèges parlementaires dans le cadre des activités législatives, il ne constitue pas une immunité absolue contre les poursuites ou les investigations judiciaires. Cette stratégie de communication, transformant une interpellation en scène publique, risque de créer un précédent dangereux où l'immunité serait perçue comme une forme d'impunité.
Critiques sur l'efficacité de l'EOCO
L'opération de l'EOCO fait également l'objet de vives critiques. L'envoi d'une seule agente pour procéder à l'arrestation d'un élu dans une situation potentiellement conflictuelle est jugé sous-dimensionné et imprudent. Cette carence logistique a non seulement permis au député de quitter les lieux, mais a également affaibli l'autorité de l'institution. Pour les observateurs, une telle mission exige une coordination rigoureuse et des moyens adaptés pour éviter que l'exercice de la redevabilité ne se transforme en un spectacle médiatique, au détriment de la sérénité des institutions démocratiques.