Des tensions diplomatiques ont éclaté cette semaine entre la Guinée-Bissau et le Cap-Vert, à la suite de la détention d’un leader de l’opposition bissau-guinéenne par les autorités de transition de Bissau.
Domingos Simões Pereira, figure historique du PAIGC et actuellement dans l’opposition, a été placé en détention le 10 juillet par un tribunal militaire après s’être présenté à une convocation judiciaire. Il est soupçonné d’implication dans plusieurs tentatives de coup d’État. Selon le texte source, il avait déjà été emprisonné le jour du coup d’État du 26 novembre 2023, avant d’être libéré en janvier et placé en résidence surveillée.
La réaction du gouvernement cap-verdien a été immédiate. Dans un communiqué publié mardi, Praia a exprimé sa « profonde tristesse » et appelé à la libération rapide de Domingos Simões Pereira. Cette position a été jugée inappropriée par les autorités bissau-guinéennes. Fernando Vaz, porte-parole du Conseil national de Transition (CNT), l’organe législatif mis en place par la junte militaire, a réagi lors d’une conférence de presse mercredi en déclarant que « le gouvernement cap-verdien n’a aucune légitimité pour faire des commentaires à propos de la situation politique et judiciaire en Guinée-Bissau ».
Le CNT a annoncé la suspension des relations politiques avec le Cap-Vert, précisant que cette mesure ne concernait pas les liens entre les peuples des deux pays. Une source au sein du ministère des Affaires étrangères a précisé que cette suspension ne s’étendait pas aux relations diplomatiques, sans pour autant en détailler les implications concrètes.
Les tensions entre les deux pays s’inscrivent dans un contexte historique marqué par des liens étroits. Le PAICV, parti au pouvoir au Cap-Vert, partage des origines communes avec le PAIGC, parti de Domingos Simões Pereira. Les deux nations ont mené ensemble une lutte anticoloniale contre le Portugal entre 1961 et 1974, sous la bannière du PAIGC. Après leurs indépendances respectives en 1974 et 1975, elles ont maintenu une union politique symbolisée par un hymne et un drapeau communs jusqu’en 1980. Un coup d’État en Guinée-Bissau cette année-là a mis fin à cette union.
Cette crise diplomatique survient alors que la Guinée-Bissau est dirigée par une junte militaire depuis le renversement du président en place en novembre 2023. Les autorités de transition, qui ont suspendu leurs relations politiques avec le Cap-Vert, soulignent que cette décision ne remet pas en cause les échanges entre les populations des deux pays.