Les relations entre le Nigeria et l'Afrique du Sud traversent une zone de fortes turbulences après la dénonciation par Abuja d'une série de meurtres visant ses ressortissants. L'ambassadeur nigérian a formellement mis en cause les forces de sécurité sud-africaines, exigeant une réaction immédiate des autorités de Pretoria pour mettre fin à ce qu'il qualifie de cycle de violences xénophobes.
Un bilan humain alarmant
Selon les données communiquées par l'ambassadeur du Nigeria, plus de 100 ressortissants nigérians ont été assassinés en Afrique du Sud entre 2022 et 2026. Parmi ces victimes, plus de 30 auraient été tuées directement par des agents du Service de police sud-africain (SAPS) ou des membres des forces de défense. Pour la seule année 2026, le bilan s'élève déjà à huit décès, dont quatre attribués aux forces de l'ordre, incluant le cas récent de James Nwankwo, décédé à la suite d'interrogatoires musclés à Cape Town.
L'impunité au cœur des critiques
La diplomatie nigériane pointe du doigt une absence totale de poursuites judiciaires à l'encontre des auteurs de ces crimes. Malgré les alertes répétées adressées aux autorités sud-africaines, aucun suspect n'a été arrêté ou traduit en justice pour ces exactions. Cette impunité, couplée à des menaces croissantes proférées par des groupes radicaux, alimente un climat de peur au sein de la communauté nigériane, qui se sent délaissée par les mécanismes de protection locaux.
Menaces et pressions migratoires
La situation est exacerbée par l'émergence de nouveaux ultimatums lancés par des groupes hostiles aux migrants africains, exigeant leur départ du territoire sud-africain sous peine de représailles. Ces menaces, jugées discriminatoires par Abuja, ont provoqué une vive inquiétude au sein de la mission diplomatique nigériane. L'ambassadeur a rappelé que, contrairement à la situation observée en Afrique du Sud, les ressortissants sud-africains ne font l'objet d'aucune violence ciblée au Nigeria, appelant ainsi à une réciprocité dans la protection des citoyens étrangers.
Un enjeu de sécurité régionale
Ces tensions récurrentes ont déjà conduit plusieurs nations africaines, dont le Ghana, le Zimbabwe et le Malawi, à organiser le rapatriement de leurs ressortissants face à la montée de la xénophobie. L'exigence de fermeté exprimée par le Nigeria place désormais le gouvernement sud-africain devant ses responsabilités internationales : garantir la sécurité des résidents étrangers et faire respecter l'État de droit face aux mouvements extrémistes qui menacent la stabilité sociale du pays.