Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a exhorté les dirigeants des pays du Golfe à identifier un « ennemi commun » pour faire front uni, dans un contexte de blocage persistant du détroit d'Ormuz. Cette déclaration intervient alors que Téhéran conditionne la réouverture de cette artère stratégique, vitale pour le commerce mondial, au respect par les États-Unis d'engagements diplomatiques antérieurs.
Un verrou stratégique sous haute tension
Le détroit d'Ormuz, par lequel transitait environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux avant le conflit, demeure fermé à la navigation libre. Selon les données de l'Organisation maritime internationale, près de 400 navires et 6 000 marins se trouvent actuellement dans l'incapacité de quitter le Golfe en toute sécurité. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a confirmé que tout passage de navire nécessite désormais une coordination directe avec les autorités iraniennes, tout en liant une éventuelle réouverture à l'application effective d'un mémorandum d'entente signé avec Washington en juin dernier.
L'impasse diplomatique et les efforts de médiation
Malgré la fermeté affichée par Téhéran, des initiatives diplomatiques sont en cours pour tenter de désamorcer la crise. Le Qatar et le Pakistan multiplient les efforts de médiation, illustrés par la récente visite à Téhéran du Premier ministre qatari, Sheikh Mohammed bin Abdulrahman bin Jassim Al Thani. Parallèlement, des discussions entre l'Iran et Oman portent sur la création d'un corridor maritime temporaire et des opérations de déminage. Toutefois, la mise en œuvre de ces mesures reste suspendue à la volonté politique des parties prenantes, notamment des États-Unis.
Le poids de l'asphyxie économique
La stratégie de confrontation de Téhéran se heurte à une réalité économique intérieure de plus en plus difficile. Le président Masoud Pezeshkian a reconnu une chute de près de 35 % des volumes d'import-export, exacerbée par un renforcement des sanctions américaines, qui visent désormais des entités financières tierces comme des branches de la Banque Misr aux Émirats arabes unis. Avec une inflation annuelle atteignant 66 %, le gouvernement iranien cherche à maintenir une ligne dure tout en appelant à la réactivation de l'accord intérimaire de juin, présenté comme une issue possible pour alléger la pression économique tout en préservant les intérêts nationaux.