Le préfet du département de la Dodjé, Abdelrahim Mahamat Abakar, a formellement réfuté les accusations de « faillite sécuritaire » et de « guerre d’occupation » formulées par le Collectif des cadres de la Dodjé. Si l'autorité administrative reconnaît l'existence d'incidents isolés et de tensions liées à la transhumance, elle conteste vivement l'ampleur des dégâts matériels et humains rapportés par les cadres résidant à Moundou.
Une réponse sécuritaire renforcée
Face aux inquiétudes exprimées par les populations locales, le préfet a confirmé le déploiement d'un régiment d'infanterie dans plusieurs sous-préfectures, notamment dans les cantons de Mandakao et Konkoundja, dès la mi-août 2026. Cette mesure vise à sécuriser les zones où des actes de banditisme ont été signalés. L'administration souligne que plusieurs auteurs présumés d'exactions, responsables de pertes en vies humaines à Laoukassy et Beissa, ont été appréhendés et incarcérés à la maison d'arrêt de Moundou.
Divergences sur le bilan des dommages
La controverse porte également sur l'évaluation des pertes matérielles. Le préfet qualifie de largement exagérés les chiffres avancés par le collectif. À titre d'exemple, l'administration dénombre 98 cases incendiées contre les 472 annoncées par les cadres, et rejette catégoriquement le vol d'une centaine de bovins. Concernant la destruction des cultures, le préfet qualifie de « pure imagination » le chiffre de 4 187 hectares de champs dévastés, tout en admettant que des dégâts ponctuels, dus à la négligence de certains éleveurs, sont traités par les comités locaux de gestion des conflits.
Gestion de la transhumance et stabilité
Pour réguler la présence des troupeaux, les autorités ont lancé, depuis le 1er août 2026, une campagne d'identification des éleveurs transhumants et sédentaires, accompagnée d'une procédure de retrait pour les troupeaux en situation irrégulière. Le préfet soutient que, hormis quelques foyers de tension, la situation dans le département est globalement calme. Il cite notamment le retour à la stabilité dans la sous-préfecture de Beinamar rural, où les activités économiques ont repris.
La lutte contre la désinformation
L'autorité préfectorale met en garde contre la circulation d'informations sur les réseaux sociaux, qu'elle juge alarmistes. Selon le préfet, ces publications, qui décrivent des villages entiers réduits en cendres, ne reflètent pas la réalité du terrain observée depuis le mois de juin. L'administration appelle à la vigilance face à ce qu'elle considère comme une tentative de nourrir les tensions communautaires par la désinformation.