Tensions au sein de la mouvance présidentielle sénégalaise sur la gestion des nominations et des ressources publiques

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 15 lectures
Tensions au sein de la mouvance présidentielle sénégalaise sur la gestion des nominations et des ressources publiques

Une passe d'armes verbale entre Bassirou Dieng et El Malick Ndiaye révèle des fractures internes au sein de la mouvance présidentielle sénégalaise. Au cœur des échanges, la gestion des nominations dans les entreprises publiques et la fidélité aux idéaux initiaux du parti Pastef cristallisent les tensions.

Divergences sur la gouvernance des entreprises publiques

Le débat a été initié par El Malick Ndiaye, qui a dénoncé des nominations jugées opaques au sein de structures stratégiques. Il pointe notamment l'attribution de postes de direction à des profils dont les qualifications académiques seraient inadaptées aux fonctions occupées. Parallèlement, il défend le bilan des anciens directeurs généraux issus de Pastef, citant des entités comme la SAPCO, Dakar Dem Dikk, l'APDA, la SOMISEN et l'ASER. Selon lui, ces structures auraient été redressées après des périodes de difficultés budgétaires et d'endettement, avant que leurs dirigeants ne soient remplacés par des profils perçus comme davantage préoccupés par des enjeux de clientélisme politique.

La controverse du « pays en pause »

La formule « le pays est en pause », initialement utilisée par El Malick Ndiaye pour qualifier le ralentissement de l'action publique, a été retournée contre lui par Bassirou Dieng. Ce dernier, coordonnateur national de la cellule média de Kiiraay, impute cette situation à l'entourage d'Ousmane Sonko. Bassirou Dieng accuse le camp adverse de s'être éloigné des convictions fondatrices du parti et soulève des interrogations sur la gestion des ressources publiques, marquant une rupture nette dans la lecture de la trajectoire actuelle du pouvoir.

Positionnement face à l'Assemblée nationale

Au-delà des querelles internes, El Malick Ndiaye a clarifié la posture des députés de son camp vis-à-vis de l'Exécutif. Il assure que l'Assemblée nationale ne pratiquera pas une obstruction systématique. La stratégie annoncée repose sur un examen pragmatique des textes : les projets jugés pertinents seront adoptés, ceux présentant des lacunes feront l'objet de corrections, tandis que les mesures jugées contraires aux intérêts nationaux seront bloquées. Cette séquence illustre les défis de cohésion auxquels fait face la coalition, alors que le « Projet » politique initial reste, selon ses partisans, le socle de l'action gouvernementale, justifiant notamment le choix de Bassirou Diomaye Faye lors de la présidentielle de 2024.

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