À l'approche des prochaines échéances électorales, les fissures au sein de la majorité gouvernementale marocaine deviennent manifestes. Mohamed Aujjar, figure du Rassemblement national des indépendants (RNI), a vivement réagi aux critiques formulées par des membres du Parti authenticité et modernité (PAM) concernant l'efficacité des 280 milliards de dirhams mobilisés pour le pouvoir d'achat.
Divergences sur le bilan budgétaire
Le cœur de la discorde porte sur les déclarations de Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget et cadre du PAM, qui a récemment qualifié d'inefficaces les dépenses sociales engagées par l'Exécutif. Pour Mohamed Aujjar, cette sortie est perçue comme une contradiction majeure au sein d'une coalition censée reposer sur la solidarité. Il s'interroge sur le timing de ces critiques, soulignant que si le PAM contestait ces choix budgétaires, il aurait dû les exprimer durant les cinq années de mandat plutôt qu'à la veille du scrutin. Selon le dirigeant du RNI, cette posture risque d'affaiblir la confiance des citoyens envers les institutions représentatives.
La question de l'éthique et des soupçons de corruption
Le débat s'est également déplacé sur le terrain de la probité. Mohamed Aujjar a réaffirmé la volonté de son parti de placer la lutte contre la corruption au centre de son programme, promettant d'exiger la démission de tout responsable politique impliqué dans des conflits d'intérêts. Il a par ailleurs critiqué l'attitude de certains partis qui, tout en dénonçant des comportements douteux — notamment dans le cadre du dossier des importations de moutons —, ont fini par investir des profils associés à ces mêmes polémiques. Il a rappelé que les partenaires gouvernementaux disposaient, via les administrations sous leur tutelle, de tous les leviers nécessaires pour enquêter sur ces dossiers en temps utile.
Défense du bilan et perspectives d'alliances
Face aux attaques visant le chef du gouvernement Aziz Akhannouch, Mohamed Aujjar a pris sa défense, qualifiant les accusations de conflit d'intérêts d'infondées et de campagnes visant à décourager l'initiative privée. Le RNI, qui affiche l'ambition d'arriver en tête des élections, refuse de se prêter à une « répartition tribale » des postes avant le vote. Si le parti se dit ouvert à toutes les coalitions après le scrutin, y compris avec le PJD, il insiste sur le fait que ses seuls adversaires politiques demeurent la pauvreté et les disparités territoriales. Le dirigeant a conclu en saluant les ambitions de ses concurrents, tout en réaffirmant la légitimité de son propre projet pour la prochaine législature.