Les récentes déclarations de Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget, sur la gestion du soutien à l'importation du bétail ont ravivé les tensions au sein de la coalition gouvernementale marocaine. Cette sortie, perçue comme une critique des politiques menées par le Rassemblement national des indépendants (RNI), met en lumière les désaccords persistants entre les alliés sur la protection du pouvoir d'achat des citoyens.
Une divergence sur la gestion du cheptel
Lors d'une rencontre partisane à Fquih Ben Salah, Fouzi Lekjaa a qualifié de « terroristes » ceux ayant provoqué l'inquiétude des familles par la cherté de la viande. Au-delà de la polémique, cette intervention pointe l'inefficacité du dispositif de soutien à l'importation du cheptel, un dossier central géré par les ministères de l'Économie et de l'Agriculture. Le ministre délégué, bien qu'acteur du système budgétaire, a réitéré son scepticisme quant aux résultats de ces mesures, affirmant avoir exprimé ces réserves à plusieurs reprises lors des conseils de gouvernement.
Le PAM prend ses distances avec le RNI
La direction du Parti authenticité et modernité (PAM) a tenu à clarifier sa position, soulignant que Fouzi Lekjaa, bien que membre de leur bureau politique, agissait dans un cadre gouvernemental piloté par le RNI. Pour le PAM, cette situation illustre les limites de la solidarité gouvernementale face à des politiques jugées peu concluantes. Les responsables du parti rappellent que, malgré des débats vifs au sein de la majorité, ils n'ont pas la main sur les décisions finales, la présidence du gouvernement et les portefeuilles clés étant détenus par leur partenaire.
Fragilité et avenir de la coalition
Ces échanges témoignent d'une fragilité croissante au sein de l'alliance tripartite. Si le respect de la Charte de la majorité permet pour l'instant d'éviter un blocage institutionnel, les déclarations récentes, notamment celles de Fatima Zahra Mansouri sur l'absence d'alliances futures avec le RNI, confirment une rupture de confiance. Le PAM justifie le maintien de sa participation au gouvernement par la nécessité de préserver la stabilité des institutions issues des élections de 2021, tout en reconnaissant l'existence de divergences profondes sur des enjeux cruciaux comme les conflits d'intérêts et le coût de la vie.