Le climat politique au Ghana s'est brutalement dégradé au sein de l'hémicycle suite à l'expulsion du député Samuel Abu Jinapor. Cette décision, prise par le président du Parlement Alban Bagbin, a provoqué un boycott de la minorité parlementaire qui dénonce une manœuvre d'intimidation visant à étouffer le contrôle parlementaire.
L'expulsion contestée de Samuel Abu Jinapor
L'incident trouve son origine dans des allégations portées par le député de Damongo, Samuel Abu Jinapor, concernant un trafic présumé de passeports diplomatiques, dont les prix oscilleraient entre 10 000 et 50 000 dollars américains. Bien que le parlementaire ait retiré ses propos conformément aux directives du président de l'Assemblée, ce dernier a maintenu l'ordre d'expulsion. Pour le leader de la minorité, Osahen Alexander Afenyo-Markin, cette sanction est disproportionnée et constitue une forme de « harcèlement parlementaire » visant à humilier un élu plutôt qu'à favoriser le débat.
Exigence de transparence sur les passeports diplomatiques
Au-delà de l'incident de séance, l'opposition maintient ses accusations sur la gestion des titres de voyage officiels. Le groupe parlementaire affirme détenir des éléments probants suggérant des cas d'usurpation d'identité et de fausses déclarations dans l'obtention de ces documents. Face à ce qu'elle qualifie de transactions illicites, la minorité exige la comparution du ministre des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, devant la représentation nationale pour répondre de ces pratiques.
Le bras de fer sur le rôle de l'opposition
Le retrait des députés de la minorité en signe de solidarité marque une rupture dans le fonctionnement législatif. Afenyo-Markin a vivement critiqué la majorité, l'accusant d'utiliser sa supériorité numérique pour entraver les mécanismes de contrôle et réduire au silence toute voix dissidente. Le leader de l'opposition a appelé le président du Parlement à faire preuve d'une plus grande impartialité, soulignant que la légitimité électorale d'un gouvernement ne saurait justifier l'évasion de ses responsabilités devant les élus.
Un climat de défiance institutionnelle
Cet épisode s'inscrit, selon la minorité, dans une tendance plus large de pressions exercées sur les opposants politiques, incluant des arrestations et des conditions de détention jugées abusives. En réaffirmant sa volonté de poursuivre sa mission de surveillance, le groupe parlementaire prévient qu'il ne se laissera pas intimider. L'enjeu est désormais de savoir si le Parlement pourra maintenir son rôle de contre-pouvoir face à une majorité accusée de vouloir verrouiller l'accès à l'information publique.