Le projet du gouvernement nigérian de confier la gestion du prestigieux King’s College de Lagos à l’association des anciens élèves, via un partenariat public-privé (PPP), a provoqué une vive confrontation. Les travailleurs de l’établissement ont bloqué l’accès aux membres de l’association, dénonçant une privatisation rampante du système éducatif public.
Un bras de fer autour de la gestion scolaire
La situation a dégénéré mardi à l’entrée du lycée, où le personnel a empêché la tenue d’une conférence de presse organisée par l’association des anciens élèves. L’intervention des forces de police a été nécessaire pour permettre l’accès au site, entraînant des échauffourées. Si le président de l’association, Kashim Ibrahim-Imam, assure que ce partenariat vise uniquement à réhabiliter des infrastructures dégradées sans céder la propriété de l’école, les syndicats restent sceptiques. Ils exigent que l’État assume pleinement ses responsabilités financières au lieu de déléguer la gestion à des intérêts privés.
Garanties gouvernementales et inquiétudes sociales
Le ministère de l’Éducation maintient que le gouvernement conservera la pleine propriété et le droit de regard sur l’établissement. Selon les autorités, ce modèle de concession, qui doit être finalisé sous six mois, prévoit que les anciens élèves financent la modernisation des bâtiments, des laboratoires et des services de restauration. Concernant le personnel, le ministère affirme que les enseignants resteront des fonctionnaires fédéraux, avec la possibilité d’être transférés vers d’autres établissements s’ils refusent le nouveau mode de gestion. Les autorités promettent également une revalorisation salariale pour ceux qui choisiront de rester.
Une contestation nationale dans les « Unity Colleges »
Ce conflit dépasse le cadre du King’s College. Le mouvement de protestation s’est étendu à l’ensemble des « Unity Colleges » du pays, dont les travailleurs ont entamé des fermetures symboliques pour dénoncer la politique de concession. L’Association des fonctionnaires supérieurs du Nigeria exprime des craintes majeures concernant la sécurité de l’emploi, le maintien du caractère public de l’éducation et une éventuelle hausse des frais de scolarité, malgré les démentis officiels. Des discussions sont en cours entre le gouvernement et les syndicats pour tenter de désamorcer cette crise qui touche l’un des piliers historiques du système éducatif nigérian, fondé en 1909.