L’est de la RDC s’embrase à nouveau : l’armée congolaise et l’AFC/M23 s’affrontent dans le Nord et le Sud-Kivu, avec des attaques de drones ciblant des civils et des combats meurtriers. Une escalade qui menace la stabilité régionale et paralyse les mécanismes de cessez-le-feu.
Les faits essentiels
Dans la nuit du 18 au 19 août, un drone a frappé un hôtel en plein centre de Fizi, au Sud-Kivu, causant la destruction partielle du bâtiment et blessant grièvement deux civils. L’armée congolaise (FARDC) accuse l’AFC/M23 d’être responsable de cette attaque, évoquant deux engins explosifs largués par des drones. La veille, des habitants avaient signalé le survol de la ville par un drone. Parallèlement, des combats intenses, impliquant des tirs de mortiers de 120 mm et des drones, ont été rapportés sur l’axe de Minembwe, ainsi qu’à Nyaruhinga et Mukoko. Au Nord-Kivu, dans le territoire de Kalehe, de nouveaux affrontements ont éclaté il y a trois jours, notamment à Katare, Tushunguti, Nyamugari et Kivoka. Ces violences surviennent dans un contexte de paralysie des mécanismes de suivi du cessez-le-feu et d’escalade verbale entre Kinshasa et l’AFC/M23.
Pourquoi c'est important
Cette résurgence des violences dans l’est de la RDC, marquée par l’utilisation de drones et des combats terrestres, aggrave une situation déjà volatile. Les attaques ciblant des infrastructures civiles, comme l’hôtel de Fizi, soulèvent des questions sur le respect du droit international humanitaire et la protection des populations. L’escalade verbale entre les autorités congolaises et l’AFC/M23, couplée à la paralysie des mécanismes de cessez-le-feu, risque de plonger la région dans une nouvelle spirale de violence, avec des répercussions humanitaires et sécuritaires immédiates. La présence de drones, désormais intégrée aux stratégies de combat, pourrait également transformer la dynamique du conflit en rendant les affrontements plus imprévisibles et meurtriers.
Ce qu'il faut surveiller
Plusieurs éléments nécessitent une attention particulière dans les prochains jours. D’abord, l’évolution des combats dans les territoires de Kalehe, Minembwe et Fizi, où les affrontements pourraient s’intensifier ou s’étendre à d’autres zones. Ensuite, la réaction des mécanismes régionaux et internationaux de médiation, dont l’efficacité semble actuellement compromise. Enfin, les déclarations des deux camps, notamment celles du coordonnateur de l’AFC/M23, Corneille Nangaa, qui a récemment évoqué une volonté de « stabiliser le contrôle » de Minembwe depuis plusieurs villes, dont Goma et Bukavu. Une telle affirmation pourrait indiquer une stratégie de prise de territoire plus large, ou au contraire, une tentative de négociation sous pression.