La situation dans les territoires palestiniens occupés connaît une dégradation marquée, caractérisée par une multiplication des incursions sur des sites religieux sensibles et une intensification des violences en Cisjordanie. Parallèlement, la bande de Gaza fait face à un effondrement systémique de ses infrastructures critiques, aggravant une crise humanitaire déjà extrême.
Incursions sur l'esplanade des Mosquées et restrictions religieuses
La période récente a été marquée par des tensions accrues autour de l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est. Sous protection policière, le ministre de la Sécurité nationale israélien et des centaines de colons ont pénétré sur le site, une démarche qualifiée par le ministère jordanien des Affaires étrangères, gardien des lieux, de tentative d'imposer une division temporelle et spatiale du complexe. Simultanément, l'accès à la mosquée Ibrahimi à Hébron a été restreint pour les fidèles musulmans au profit des célébrations des colons, tandis que l'appel à la prière y est interdit depuis 90 jours consécutifs.
Violences en Cisjordanie et impunité judiciaire
En Cisjordanie, le climat sécuritaire se durcit avec des raids militaires, des démolitions de maisons et des arrestations massives. La rhétorique politique s'est radicalisée, le ministre de la Sécurité nationale réclamant la peine de mort pour les Palestiniens accusés de tuer des Israéliens, alors même qu'aucune disposition équivalente n'existe pour les auteurs israéliens. Cette asymétrie est illustrée par la décision du président Isaac Herzog d'effacer le casier judiciaire d'un soldat condamné pour le meurtre d'un Palestinien blessé et désarmé en 2016, une mesure vivement critiquée par l'état-major militaire israélien.
Effondrement des infrastructures et crise sanitaire à Gaza
À Gaza, la situation humanitaire atteint un point critique. L'effondrement de bâtiments fragilisés par les frappes aériennes, comme celui du quartier d'al-Sinaa, a causé la mort de dizaines de civils, dont de nombreux enfants. Le système de santé est exsangue : 70 % des générateurs hospitaliers sont hors service faute de carburant et de pièces détachées, privant le nord de Gaza de capacités d'imagerie médicale essentielles. De plus, les restrictions imposées aux convois d'évacuation médicale vers l'Égypte limitent drastiquement l'accès aux soins pour les patients dans un état critique.
Menaces sur l'agriculture et l'habitat
Au-delà des violences directes, les communautés palestiniennes subissent une pression constante sur leurs terres. À l'approche de la récolte des olives, des arbres ont été détruits et des troupeaux introduits dans des vergers privés. Des structures communautaires et des habitations ont été rasées, tandis que des saisies de terres sous couvert de préservation archéologique ont été signalées, accentuant le risque de déplacement forcé des populations locales.