Une manifestation de retraités à Lagos a été violemment dispersée par les forces de l'ordre ce lundi, alors que ces derniers réclamaient le versement d'arriérés de pensions et d'ajustements salariaux. Cet incident marque une escalade dans le conflit opposant l'Union des retraités du Nigeria (NUP) aux autorités de l'État, après l'expiration d'un ultimatum fixé au 31 août.
Un bras de fer sur les engagements financiers
Le cœur du litige repose sur le non-paiement d'augmentations et de primes salariales promises. Les retraités, regroupés au sein de la NUP, dénoncent une gestion opaque de la Commission des pensions de l'État de Lagos (LASPEC). Selon Olarewaju Caleb, président de l'association des retraités, les chiffres avancés par la commission concernant les sommes versées aux anciens fonctionnaires sont trompeurs. Il souligne que ces fonds ne constituent pas des cadeaux de l'État, mais le résultat des cotisations accumulées par les travailleurs tout au long de leur carrière.
Des revendications structurées par régime
Les manifestants exigent une mise en conformité avec les mesures prises au niveau fédéral. Pour les bénéficiaires du régime à prestations définies (DBS), les revendications portent notamment sur 57 mois d'arriérés d'ajustements de 2019, ainsi que sur les augmentations de 2024. Concernant le régime contributif (CPS), les retraités réclament des revalorisations cumulées sur 16 ans, incluant les ajustements de 2010, 2019 et 2024. Ils pointent du doigt la faiblesse des pensions actuelles, dont certains montants plafonnent à 60 000 ou 70 000 nairas après 35 ans de service.
Appel à une médiation directe avec le gouverneur
Face à ce blocage, les représentants des retraités soupçonnent une volonté de certains responsables administratifs de masquer la réalité de la situation au gouverneur Babajide Sanwo-Olu. L'association appelle désormais à une rencontre directe avec le chef de l'exécutif local. L'objectif est de présenter un état des lieux exhaustif des dysfonctionnements, espérant ainsi obtenir une intervention politique pour débloquer les paiements dus. À ce jour, aucune réponse officielle n'a été apportée par les autorités de l'État de Lagos aux revendications exprimées lors de ce rassemblement.