Un projet de modernisation urbaine à Accra suscite une vive controverse politique entre le gouvernement et l'opposition. Le projet de construction d'un marché ouvert 24h/24 sur le site actuel du marché de l'igname Konkomba est au cœur d'accusations de discrimination ciblée contre la communauté résidente.
Des accusations de ciblage communautaire
Le groupe parlementaire minoritaire, mené par l'ancien ministre de la Défense et député de Bimbilla, Dominic Nitiwul, dénonce une sélection discriminatoire des structures à démolir. Selon les observations effectuées sur le terrain par les parlementaires, les marquages de démolition se concentrent exclusivement sur les zones d'habitation et les commerces occupés par les membres de la communauté Konkomba. Pour le député, cette disparité géographique dans l'application du plan d'urbanisme suggère une volonté délibérée de fragiliser ce groupe spécifique plutôt qu'une simple opération de réaménagement.
L'appel à l'arbitrage présidentiel
Face à ce qu'il qualifie de mesure discriminatoire, le caucus de l'opposition a formellement sollicité l'intervention du président John Mahama. Les députés demandent l'arrêt immédiat des opérations menées par l'Accra Metropolitan Assembly (AMA). Tout en affirmant ne pas s'opposer au développement économique de la capitale, les élus insistent sur la nécessité de protéger les droits des résidents et des commerçants, exigeant que les préoccupations des populations locales soient intégrées au processus décisionnel avant toute intervention physique sur le site.
La réponse de l'administration municipale
De son côté, le maire d'Accra, Michael Kpakpo Allotey, rejette catégoriquement les accusations de ciblage ethnique ou communautaire. Il soutient que l'Assemblée a engagé un dialogue préalable avec les leaders de la communauté Konkomba et les autres acteurs économiques du marché. Le maire affirme avoir effectué de nombreux déplacements sur les lieux pour mener des concertations directes avec les commerçants avant le lancement du projet. Selon l'administration municipale, cette initiative s'inscrit dans une volonté d'améliorer les conditions de vie des usagers du marché et ne constitue en aucun cas une mesure punitive à l'encontre d'un groupe social particulier.