Tension institutionnelle : Le Sénégal file vers un nouveau référendum

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 73 lectures
Tension institutionnelle : Le Sénégal file vers un nouveau référendum

La crise institutionnelle autour de la réforme constitutionnelle pourrait-elle déboucher sur un nouveau référendum ? C'est le scénario désormais évoqué au sommet de la coalition Diomaye Président. Face aux amendements introduits à l’Assemblée nationale, Aminata Touré estime que le chef de l'État pourrait être amené à solliciter directement l'arbitrage du peuple si les prérogatives présidentielles venaient à être remises en cause.

Réunie ce dimanche 28 juin 2026 en conférence des leaders de la coalition présidentielle, la superviseure générale de Diomaye Président a durci le ton contre une partie des députés qu'elle accuse de vouloir modifier en profondeur l'équilibre institutionnel du Sénégal.

Selon l'ancienne Première ministre, les changements proposés dépassent largement le cadre d'une simple révision constitutionnelle. Ils traduiraient, à ses yeux, une volonté d'affaiblir le régime présidentiel au profit d'un renforcement des pouvoirs de l’Assemblée nationale.

L'option du référendum désormais brandie

Face à ce qu'elle qualifie de menace institutionnelle, Aminata Touré a rappelé que le président Bassirou Diomaye Faye dispose d'un recours constitutionnel majeur : consulter directement les Sénégalais.

« Le peuple sénégalais n'acceptera pas qu'on lui impose un régime parlementaire déguisé. Si nécessaire, nous irons au référendum. Le président de la République a la prérogative exclusive de soumettre cette question cruciale à la sanction du peuple », a-t-elle déclaré. Par cette sortie, la responsable de la coalition présidentielle place désormais le référendum au cœur du débat politique. Si les divergences entre l'exécutif et une partie des députés devaient persister, l'hypothèse d'une consultation populaire pourrait s'imposer comme une voie de règlement de la crise.

Pour Aminata Touré, les amendements actuellement examinés à l’Assemblée nationale ne constituent pas de simples ajustements techniques. Ils remettraient en cause les fondements mêmes du régime présidentiel sénégalais. Elle accuse notamment certains parlementaires de vouloir limiter les prérogatives du Président de la République, notamment en matière de dissolution de l’Assemblée nationale, tout en renforçant le contrôle exercé sur le gouvernement. Une telle évolution, selon elle, conduirait progressivement à l'instauration d'un « régime parlementaire déguisé », contraire à l’architecture institutionnelle choisie par les Sénégalais.

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