L'Iran et le sultanat d'Oman ont engagé des pourparlers visant à définir une gouvernance commune du détroit d'Ormuz, incluant un mécanisme de partage des revenus liés à la navigation. Ce rapprochement stratégique, bien que non finalisé, ambitionne de rétablir une circulation maritime sécurisée dans une zone névralgique du commerce mondial actuellement verrouillée par Téhéran.
Vers un partage des revenus maritimes
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont confirmé l'existence d'accords préliminaires avec Mascate concernant la délimitation des eaux territoriales et la répartition des bénéfices générés par le trafic maritime dans le détroit. Si les détails techniques restent à préciser, cette initiative marque une volonté des deux pays riverains de reprendre la main sur la gestion économique de ce passage stratégique, au cœur des tensions régionales actuelles.
La mise en place d'un couloir de navigation temporaire
En parallèle des discussions sur les revenus, les diplomaties iranienne et omanaise travaillent à l'établissement d'un « couloir temporaire » de navigation. Ce projet, qui inclut des opérations de déminage, vise à répondre à l'urgence de la situation sécuritaire. Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi, a exprimé l'espoir d'une annonce imminente concernant ces modalités pratiques, essentielles pour restaurer une navigation sûre dans le Golfe.
L'influence des tensions avec Washington
La concrétisation de ces accords se heurte toutefois à l'instabilité des relations avec les États-Unis. Téhéran accuse Washington d'entraver les négociations, conditionnant la réouverture totale du détroit à la levée du blocus imposé aux ports iraniens et au respect des engagements issus d'un protocole d'accord signé en juin dernier. Actuellement, le trafic demeure largement perturbé, les navires tentant de transiter sans autorisation iranienne s'exposant à des mesures de rétorsion.
Une approche par étapes vers une solution permanente
Les deux nations privilégient une stratégie graduelle. Après la phase du couloir temporaire, l'objectif est de définir un cadre permanent incluant la gestion future du détroit et la fourniture de services de sécurité. Les autorités iraniennes et omanaises ont par ailleurs souligné la nécessité d'élargir ces discussions aux autres États riverains, afin d'inscrire cette régulation dans une dynamique régionale plus large et durable.